Étiquette : processus créatif

  • Je ne sais pas où vont mes idées quand je pédale…

    … mais je me sens de nouveau créative depuis que :

    1/ j’ai repris le sport.

    J’ai enfin pu reprendre le fitness il y a un mois. Avant, je commençais mes journées par une séance de fitness + marche, 5 jours par semaine. Et puis la vie, le vaccin, la péri… Mais mon corps et mon cerveau étaient en manque. J’ai pris sur moi et j’ai bien fait. Je revis !

    Je vais à la salle 3 à 4 fois par semaine. Je fais du cardio et de la musculation. Je n’arrive pas à créer pendant que je fais de l’exercice. J’ai tenté mais mes idées s’envolent. Elles sont inconsistantes. Je ne me souviens de rien.

    Par contre, une fois devant mon PC ou mon carnet de dessin, les idées fusent. Je suis plus concentrée et plus endurante, je mémorise mieux et j’ai davantage confiance en moi. Ce n’est que le début, je suis curieuse de voir jusqu’où je vais retrouver et même développer mes capacités créatives.

    2/ je n’ouvre plus chatGPT et consorts

    Ou quasiment plus. Mais étant donné la qualité de leurs réponses, je renonce à m’en servir de façon quasi systématique depuis quelques temps. Je retrouve mes réflexes créatifs ainsi que ma plume.

    3/ j’écris sur ce blog

    Parce que pour être créatif, il est nécessaire de créer. Ca n’appelle pas de développement.

    4/ je prends des compléments alimentaires

    J’alterne entre vitamines, plantes, magnésium, oméga 3… Ce n’est pas donné mais l’argent investi n’est pas perdu, bien au contraire. Je ressens une réelle différence et mes prises de sang ne montrent que de bons résultats. J’achète sur le site herbolitisque.com pour être certaine de la qualité des produits.

    5/ je sors me promener ou juste prendre l’air, plus souvent

    Le processus créatif et le vivant n’existent pas l’un sans l’autre. Nous nous nourrissons de lumière naturelle, de couleurs, de paysages, d’interactions sociales, d’observations, de discussions, des arts de la rue…

    Tout ceci s’ajoute à ce que je fais déjà depuis que je suis née ou presque : dessiner, lire, arpenter les expos et les musées, admirer les paysages, écouter les conversations des gens…

    Rester créatif avec la montée en âge c’est lutter contre la fatigue, la routine, les injonctions, les demandes sans fin au travail, les proches envahissants, les bobos qui se cumulent…Ce n’est pas simple, ce n’est jamais gagné et c’est donc un challenge permanent. Et comme toujours, c’est une question d’effort personnel et de rigueur. Mais qu’est-ce que c’est satisfaisant au final 😉

  • Mon enfant n’est pas créatif

    C’est une affirmation que j’ai déjà entendue de la part de parents et je ne comprends pas comment ils peuvent sérieusement prononcé cette sentence sans être dans une forme de maltraitance.

    Nous sommes tous créatifs. Nous ne pourrions pas assumer notre quotidien autrement. Je ne vais pas revenir là-dessus.

    Un enfant sans capacité créative ne pourrait ni jouer, ni dessiner, ni écrire autrement qu’en recopiant, ni jouer à des jeux de société ou des jeux vidéos, ni mentir, ni tricher, ni tester les limites… Tout ça demande d’être créatif.

    Si le vrai problème est qu’il ne prend pas du temps pour réaliser des activités créatives à la maison, c’est autre chose.

    Je peux te donner ma méthode maison qui fonctionne sur l’ado, qui, même à 15 ans, continue de créer enfermée dans sa chambre, au moins une demi-journée par semaine (hors vacances scolaires où là c’est sans fin) :

    • être d’abord toi-même dans un processus de création régulier : dessin, écriture, photographie… Tu es l’exemple, ton enfant se construit d’abord par rapport à ça.
    • l’emmener dans les expos, au musée…
    • l’inscrire à des ateliers créatifs dans une maison de quartier, à Cultura, à la médiathèque…en one shot pour commencer. Par exemple, un cours de scrapbooking puis un cours de fabrication d’objets en papier mâché, puis un cours de bricolage…
    • lui acheter des jolies choses qui vont lui donner envie de créer : stickers, paillettes, papiers colorés… Il faut que ce soit vraiment attractif et pas du papier marron ou gris dégueu. Chez Action on trouve de tout à petits prix, c’est parfait pour débuter.
    • ranger les jolies choses dans des boîtes qui tiennent facilement entre ses petites mains, pas de grandes boites de 30 litres, et stocker sur des étagères qui sont à sa hauteur. Il doit pouvoir les prendre en un geste et les remettre aussitôt à leur place après l’activité. Il doit pouvoir les déballer et les remballer seul.e, en autonomie.
    • valoriser ses créations : pas lui dire 150 fois « hoooo c’est beau ! » (pire : eurk, c’est moche) mais plutôt « Qu’en penses-tu ? Es-tu fier.e de toi ? ». Ce sont ses émotions et son propre jugement envers-lui même qui ont de la valeur, les tiennes ne regardent que toi (oui c’est rude, je sais, mais réfléchis bien à ce que ça sous-entend)
    • créer avec lui de temps à autre, pour lui montrer comment tu te concentres, comment tu t’appliques à faire… Et qu’il entende aussi que, parfois, c’est difficile aussi pour toi adulte, mais que tu t’accroches, tu cherches la solution, tu testes, tu échoues et patiemment tu arrives à tes fins.
    • diminuer le temps d’écran : et je sens que là tu vas dire « non mais c’est bon c’est évident, c’est juste qu’en ce moment… » + excuses & justifications. A 15 ans, l’ado a droit à 1h de téléphone par jour. Même les samedis et dimanches. Durant les vacances elle a droit à max 2h. Elle peut compléter avec une série ou un film, 2h de midi à 14h et une 1h après 18h les samedis et dimanches. Pas en semaine. Pas de télé avant midi bien sûr et plus de téléphone après 20h. Evidemment elle n’a pas droit aux réseaux sociaux et elle est limitée de YouTube à 15min par jour. Si elle s’ennuie, elle lit, elle crée, elle sort en centre-ville, à la médiathèque, elle repense l’organisation de sa chambre, elle prend des nouvelles de la famille, elle s’occupe du chien, elle fait le ménage. Comme nous quand nous étions ados au final. Elle a tenté d’être pénible avec sa consommation d’écran, elle a perdu à chaque fois. Et donc elle crée des bijoux, elle réalise des collages, des créa scrapbooking, elle dessine et peint, elle écrit de beaux poèmes, elle danse, elle aime photographier les paysages, elle imagine des maquillages et des coiffures, etc.

    Et pour finir, sa motivation ne viendra pas toute seule, ni ne naîtra de vos bonnes paroles. La motivation trouve sa source dans l’effort. Commencer l’activité lui donnera envie de la réaliser. La contempler sur la table de la cuisine ne peut pas suffire. Tout comme être avachi sur le canapé ne motive pas à faire du sport. Par contre, faire des passes sur un terrain a des chances de donner envie de jouer un petit match. La créativité c’est pareil. Spoïler : la lecture aussi.

  • Je n’aime pas ChatGPT, il me rend débile.

    Mais je bosse avec parce qu’il faut savoir aussi faire preuve d’agilité. J’ai donc pris de bonnes résolutions.

    Je dois d’abord te préciser le contexte de ma réflexion.

    Dans un précédent article, j’énumère tout ce qui m’insupporte avec ChatGPT, Claude, Mistral, etc. J’ai l’impression de perdre du temps à les corriger, vérifier la véracité des chiffres donnés, à remettre les arguments dans l’ordre, à corriger les erreurs de syntaxe… D’être finalement son secrétaire de rédaction. Un comble.

    Mais, au-delà de ça, j’ai aussi l’impression d’avoir diminué mes facultés cognitives depuis que j’utilise les IA.

    Avant je trouvais rapidement des idées pour mes contenus professionnels et, une fois la paralysie liée à la page blanche surmontée, je pouvais écrire beaucoup et bien. Mon cerveau envoyait des paquets d’idées et je ne rédigeais pas assez vite, ce qui d’ailleurs est assez frustrant.

    Quand les IA sont devenues plus performantes, il y a peu donc, j’ai pris l’habitude de les interroger au lieu de brainstormer, d’écrire des premiers jets, de griffonner des templates de visuels sur mon cahier de brouillon. Pour aller plus vite, pas par manque de compétences. J’avais réellement beaucoup plus de productions écrites à sortir, sans temps de réflexion possible. Je me suis dit que l’IA serait mon compagnon d’écriture le temps que la hausse de travail se résorbe et ensuite je reprendrai mes bonnes habitudes. La situation a duré des mois et des mois… Le souci c’est que j’ai l’impression de ne plus avoir de capacités créatives. Mon cerveau est comme vide.

    Quand je t’écris là, tout va bien. Quand je rédige un mail, un petit mot, une liste de choses à faire, des idées pour le blog… tout est simple, fluide. Comme ça l’a toujours été. Mais au boulot, mon cerveau est vide. A part pour les formations très techniques et pour les sujets très engagés, plus « citoyens ».

    Comme je n’aime pas subir ma vie, j’ai pris de bonnes résolutions. Si tu es dans la même situation j’espère qu’elles pourront aussi t’inspirer.

    Voici comment j’ai décidé de lutter contre la tyrannie de la facilité engendrée par l’utilisation délétère de l’IA et pour le retour de mes pleines capacités cognitives :

    1- Rédiger au brouillon un premier jet, le relire le lendemain, le retravailler. Si j’ai un doute sur la qualité, alors je demande à ChatGPT (enfin bientôt je devrai utiliser Gemini, et vogue la galère !). Mais, comme à peu près à chaque fois, je me dis que j’aurais mieux fait de ne rien lui demander. Si c’est un contenu très long, je rédige en détail toutes mes idées, impose des phrases, des expressions, je laisse des trous et il complète. Cependant, je corrige quasiment tout ce qui est proposé. Alors pourquoi ne pas tout rédiger moi-même ? Parce que si je prends le temps de faire du contenu long à 100%, je prendrai du retard pour le livrer, ainsi que toutes les demandes suivantes. Je trouve que c’est un bon compromis. Ce n’est pas la solution parfaite et j’ajusterai si nécessaire selon les résultats de mes premières bonnes résolutions.

    2- Résister à la tendance qui consiste à tout demander à l’IA : rédiger un mail, une note à son chef, un report… Ca reste du 100% moi. De toute façon j’ai testé : ce n’était pas assez précis et le niveau d’expertise était limite. Par ailleurs, je suis peinée quand un collègue que j’apprécie m’envoie un mail full IA. Je lui demande plutôt des tâches sans valeur ajoutée, comme calculer le nombre de jours entre telle et telle dates, trouver les marronniers du mois de façon exhaustive (et sans mentir haha !), traduire mon mail en anglais pour un prestataire étranger…

    3- Ecrire de façon (ré)créative en dehors du travail, ici et ailleurs. Je dois à tout prix conserver cette compétence sinon je perds mon travail. C’est aussi simple.

    4- Entretenir ma créativité. Je dessine, je fais de la photographie, j’essaie d’écrire des nouvelles (mais comme elles n’ont pas de fin, elles ont vocation à devenir des sagas en 20 tomes), je visite les expos & musées, j’admire les beaux paysages, j’invente des chansons pour mon chien…

    5- Retrouver confiance en moi, notamment par le sport que j’ai enfin pu reprendre il y a un petit mois. Le bonheur… La pratique sportive est un excellent moteur. Ne serait-ce que parce qu’on dort mieux et qu’on est de meilleure humeur. Et qu’on se goinfre moins de sucres et de gras. Bref. Fais du sport, c’est la vie.

    Est-ce que tu connais les mêmes soucis ? Est-ce que tu es aussi inquiet.e que moi par les conséquences d’une utilisation systématique de l’IA ?.

    Sculpture d'un crâne humain avec un cerveau exposé, présentant des annotations sur les fonctions cérébrales.
    Photo de David Matos sur Unsplash
  • Je n’ai pas besoin de souffrir pour créer

    Ce week-end, j’ai demandé sur mon compte Insta si quelqu’un souhaitait que j’écrive un article sur un sujet en lien avec les thèmes abordés sur ce blog. J’ai reçu une excellente suggestion : les femmes & leur santé. Sujet vaste que je reprécise tout de suite :

    Les créatives et leur santé : la souffrance est-elle une condition sine qua non à la création ?

    Note préalable : je parle en connaissance de cause. Je relate seulement ce que j’ai vu de près, entendu et aussi parfois vécu directement, à titre personnel. Ce n’est donc pas du « on dit ».

    Combien de fois ai-je entendu : « Il ne souffre pas assez pour être un artiste. » ou « T’as vu son tableau ? Il est magnifique ! Quelle souffrance il doit vivre pour peindre avec tant de talent ! » Le souci d’évoluer, enfant, dans un milieu artistique, c’est qu’on grandit la tête pleine de clichés.

    Quand j’ai voulu développer ma fibre artistique notamment en m’exerçant aux techniques mixtes, j’avais beau avoir une mini-mini-mini reconnaissance sur le web, ne souffrant aucunement, je trouvais mon travail fade et enfantin. Pas assez élaboré. Trop conventionnel. Je m’exerçais durant des heures et des heures chaque week-end et après-midi non travaillée, je lisais beaucoup d’ouvrages importés des Etats-Unis, je regardais des tutos sur YouTube, je m’achetais le meilleur matériel, bref, je faisais mon maximum, j’avais des premiers résultats (j’ai même vendu des tableaux pour la première fois et failli être publiée dans un magazine) mais non… Je ne cessais de me trouver fadasse, tiède, sans saveur…. car je ne souffrais point. J’étais en relative bonne santé et EQUILIBREE.

    A tel point qu’un soir, j’ai picolé du vin rouge jusqu’à m’énivrer, pour être plus créative, m’enlever des barrières. Bien évidemment, impossible de me concentrer et de rester assise plus de 20 min devant ma toile. Je suis allée rejoindre Morphée fissa.

    Quelques temps plus tard, je lus avec la plus grand attention, en mode bonne-élève-première-de-la-classe l’essai de développement personnel Miracle Morning de Hal Elrod. Ainsi chaque matin, je me levais aux alentours de 5H30, je partais marcher quelques kilomètres ou je faisais du fitness, je méditais, je lisais, j’énonçais mes affirmations et… je créais si je ne prenais pas le travail avant 9H.

    Ma pratique artistique s’est transformée. J’étais plus concentrée, plus rapide dans mes choix créatifs, plus sûre de moi. Mes traits étaient plus clairs, mieux tracés. Je fourmillais d’idées et c’est là que j’ai notamment créé la communauté littéraire Lu et adoré sur Instagram ainsi que d’autres projets autour du livre, de la photographie et aussi professionnels.

    Zéro alcool, zéro angoisse existentielle, une meilleure santé et des projets nouveaux plein la tête et d’ailleurs j’ai tout plaqué. Mais ça c’est une autre histoire.

    D’ailleurs, es-tu conscient.e de tous les clichés alimentés par la société concernant les artistes et leur santé ?

    Par souci de véracité, je vais partager ici les phrases que j’ai entendue dans mon enfance, dans ma carrière de libraire et de communicante, maintenant ou avant pour brouiller les pistes. Ce n’est pas une liste exhaustive, le temps faisant son oeuvre :

    • Attention, il a beaucoup de succès ce sculpteur. Il est devenu irascible et même méchant. A force de s’enfermer pour travailler ses sculptures, il a tourné du ciboulot.
    • C’est normal qu’elle soit folle, c’est une artiste !
    • Ha mais c’est un grand professeur de peinture, il n’a pas le temps d’aller voir le médecin. Il finira par mourir d’attaque ou de cancer comme les autres.
    • Il a aussi un cancer, ça y est . On va tous (asso d’artistes) y passer ! On pense trop, on a trop d’émotions.
    • Il marche pieds nus tous les jours, même quand il neige. C’est normal, c’est un artiste !
    • A force d’écrire des thrillers très sombres, il a fini par devenir un peu fou. On ne sait pas s’il va pouvoir continuer à être édité.
    • Je crois qu’ils prennent de la cocaïne en salle de réu le matin – Normal, ça les aide à trouver des idées.
    • Quand vous serez en poste, il vous faudra prendre de l’ecsta ou de la cocaïne pour vous aider.
    • Il va être nul son roman, il est juste prof de français au lycée. Ce n’est pas un artiste.
    • Comme j’ai une extraversion sexuelle [je ne sais plus le nom exact du souci de santé mentale diagnostiqué], je vais écrire un roman mais plus qu’érotique. Je vous le ferai lire, vous serez ma correctrice (ma carrière de libraire a heureusement pris fin avant)
    • Il écrit très très bien mais c’est normal il est un peu fou (à propos d’un THPI pas fou du tout)

    Et puis sinon, tout simplement, l’expression « avoir une idée complètement folle » pour dire « avoir une idée très novatrice » ou juste « très créative ».

    Associer l’action et la performance créative à la santé mentale et le manque de soins à la tête dans les nuages est plus que banalisé. Si tu écoutes avec attention ce que les personnes autour de toi racontent sur les artistes, tu prendras vite conscience qu’ils font souvent des associations malheureuses.

    Et quand on veut appartenir à une communauté, il faut se conformer à l’image qu’elle en dégage. Tant pis pour les conséquences.

    Sois un artiste, souffre !

    Alors que…

    Si on y regarde de plus près…

    Les femmes artistes/créatrices, peu importe leur secteur d’activité, subissent souvent comme les autres une charge mentale, génératrice de stress et donc de problèmes cardio-vasculaires, cardiaques, hormonaux… Elles gèrent leur vie pro et perso de la même façon que des non artistes/créatrices. Mais le souci qu’elles ont en plus, c’est que ce sont des femmes… Et que docteurs et même docteresses (je l’ai vécu 4 fois) ont tendance à ne pas nous prendre au sérieux quand on parle de pression dans la poitrine, de jambes gonflées et lourdes ou d’hémorragies tous les 15 jours. Il faut en écumer des médecins avant de trouver celui qui prendra le temps de chercher la cause et de la soigner. Créative = un peu (beaucoup) émotives… hystériques ? C’est psychosomatique ! Pourquoi perdre du temps à nous soigner puisque ce sont juste nos émotions à fleur de peau qui font réagir notre corps (c’est aussi du vécu, manque de bol j’avais vraiment des soucis de santé vérifiables par scanner et échographie).

    Côté homme : alcoolisme, pression, performance… Ce sont d’autres problèmes, plus Mâles, plus coqs… Mais par contre ces messieurs ont plus de chance. Ce sont des artistes donc des intellectuels. Un peu fou ou intro/extravertis. C’est normal ! Il faut prendre soin d’eux.

    Pas facile la vie d’artiste…

    Tout ça pour te dire, Madame qui passe par là, prends soin de toi. Tu ne seras pas moins créative :

    • parce que tu consulteras un thérapeute pour t’aider dans ta dépression,
    • parce qu’avec une opération ou des anti-douleurs tu souffriras moins de ta blessure que Frida Kahlo de sa jambe,
    • parce que tu seras plus sobre ou moins stone,
    • parce que tu dormiras 7 heures d’affilée chaque nuit au lieu de chercher l’inspiration dans l’infinie pénombre,
    • parce que tu consacreras 5 heures au sport dans ta semaine.

    Prendre du temps pour ta santé et ton bien-être permet justement de gagner du temps dans ta pratique. Le temps est un matériau créatif quelque part.

    Une santé physique entretenue avec soin permet de rester concentrée, d’être plus réactive, de mieux mémoriser, d’avoir un geste plus précis, de travailler son art plus longtemps et avec plus de régularité.

    Une santé mentale soignée permet la même chose mais aussi de mener à bien ses projets créatifs, jusqu’au bout, en évitant les up and down chronophages, de détecter les personnes malhonnêtes dans le milieu (et il y en a quand même pas mal) et de pouvoir leur dire non avec assurance, de décrocher de nouveaux partenariats car tu sembles plus digne de confiance…

    Bref, de s’épanouir et d’exister au monde.

    Et puis sinon, si vraiment la déchéance personnelle était un gage de qualité artistique, pourquoi l’art thérapie existerait-il et serait-il aussi bénéfique ? Serait-ce alors à dire qu’aucun artiste ne gravite dans le monde de l’art thérapie ?

    Alors les vieux clichés du début 20e siècle… à la poubelle !

    Une main tenant une fleur blanche ornée de peinture colorée, avec des taches de peinture sur la peau.
    Photo de Halanna Halila sur Unsplash
  • Plaire ou se plaire – Dilemme

    Hier, je t’ai parlé de mes créations “moches exprès” et de la surprise que cela m’a réservée : elles plaisent plus que celles pour lesquelles je m’applique à faire beau.
    En repensant à cette histoire, une question m’est venue à l’esprit.
    Un vrai dilemme créatif.

    Si ce que tu crées en visant le “beau” ne plaît pas, mais que ce que tu crées en assumant le “moche” séduit, que choisis-tu ?
    Continuer à créer pour te plaire à toi OU créer pour plaire aux autres ?

    Tu choisis quoi ? Plaire ou te plaire ?

    Perso, lorsque j’écris pour le boulot, je ne peux qu’écrire pour plaire aux prospects et en même temps aux collègues qui vont valider mes wordings.

    Mais lorsque je crée des dessins inspirés du zentangle, que je photographie des paysages postés ensuite sur Insta ou que j’écris ici, je me perds entre les deux. Pourtant j’ai un objectif clair. Mais le moyen pour l’atteindre l’est moins.

    Et ce qui m’a le plus plongé dans la confusion c’est lorsque j’ai créé sur commande. Je ne sais pas si je le referai un jour. Ce n’est vraiment pas une position confortable. On me passait commande pour mon style mais au final, quand ce n’était pas exactement comme se l’imaginait le client, j’étais confuse et perdue. Bref.

    Dis-moi ce que tu en penses en commentaire !

    Un pot en verre rempli de pinceaux de peinture, avec un fond blanc.
    Photo de Debby Hudson sur Unsplash

  • Je n’aime pas le beau

    Mais je ne suis pas satisfaite quand je crée du moche.

    Et pourtant, il m’arrivait de le faire exprès quand je pratiquais le DIY et le mixed media avec ferveur. Je me disais «aujourd’hui je m’en fiche. Je fais MOCHE». Pas par provocation, ni par manque de soin, mais pour voir ce qui se passait quand j’arrêtais de courir après l’esthétique parfaite. Celle qui doit absolument me plaire quand je suis systématiquement insatisfaite de ce qui sort de mes mains.

    Je choisissais des couleurs fades, grisâtres. Ou alors presque fluo. Le vert pomme de supermarché avec du violet pétard, ça c’est bien laid. Je laissais les formes naître sans réfléchir 5 min pour chaque action (je suis très lente lorsque je crée). Ou alors je regardais sur le web ce qui se faisait en masse et je copiais.

    Et comme je suis sadique avec moi-même, je le postais sur mon blog et sur les forums de passionnés.
    Et la surprise, c’est que les gens aimaient davantage ces créations-là que celles pour lesquelles je m’appliquais à faire beau. Mon beau à moi. Qui visiblement était plutôt moche pour les autres. Que comprendre d’autre ?

    Si mon moche est ton beau et que mon beau est ton moche… alors suis-je condamnée à faire du moche quelle que soit la volonté qui porte mon acte créatif ?

    De toute façon je n’aime pas le beau.

    Un œuf avec un visage dessin é, affichant une expression comique avec de grands yeux et une langue tirée, sur un fond gris sombre.
    Photo de Arnold Obizzy sur Unsplash
  • Je ne reçois jamais de notifs sur mon téléphone

    Et pourtant je travaille dans le secteur du marketing digital et je suis créatrice de contenus sur mon temps perso.

    Je gère 5 comptes Instagram, beaucoup plus de pages Facebook, 2 comptes TikTok, 2 Pinterest, Threads, X, LinkedIn, Bluesky. J’ai aussi Discord et WhatsApp… et cet unique blog mais il y en a eu d’autres auparavant qui fonctionnaient bien. Le tout demande de l’attention et une certaine réactivité.

    Je ne reçois aucune notification. De toute façon je ne mets pas le son de mon téléphone. Soit je me rends compte qu’on m’appelle soit tant pis. Je rappelle.

    Comment, pourquoi, d’où… Je t’explique :

    • Déjà, je ne bosse pas dans le secteur du médical, personne n’est en danger de mort si je ne réponds pas. Je ne vais pas m’ajouter une charge qui n’a pas lieu d’être. Je tiens à ma santé mentale.
    • De toute façon, étant donné mes activités professionnelles et personnelles, j’ai des raisons de recevoir plusieurs notifs par minute en journée, moins la nuit. Je sais que je dois checker régulièrement, je n’ai pas besoin de me le rappeler. Je le fais quand j’ai envie de le faire. ENVIE. Pas quand j’ai le temps. Quand j’ai le temps, je lis, j’écris, je me promène si c’est sur mon temps libre, je bosse à fond sans interruption sur mon temps de travail.
    • Parce que oui, c’est impossible de mener un travail de fond de qualité et complet, en étant esclave des notifications, que ce soit sur smartphone ou sur PC. Proust n’écrirait pas à La Recherche du temps perdu en 2025. Les auteurs se plaignent souvent de cette modernité encombrante. Et ce n’est pas une histoire d’âge, d’entraînement, de capacités cognitives. Les sollicitations déconcentrent et lorsqu’elles sont répétitives, elles endommagent nos capacités de concentration et de mémorisation.

    Je t’invite à lire ou écouter l’essai de Carl Newport, Deep work. Il aborde ce sujet et milite pour un retour à la concentration profonde, qualitative et productive.

    Couverture du livre 'Deep Work' par Cal Newport, présentant des concepts liés à la concentration et à la productivité dans un monde de distractions, avec des éléments graphiques géométriques.

    Je t’encourage aussi à te demander ce qu’il se passerait si tu ne regardais tes notifs que 3 fois par jour (Après le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner par exemple). Est-ce que quelqu’un perdrait la vie ? Est-ce que tu raterais ton premier contrat à 1 million ? Est-ce que tu te sentirais plus léger et plus libre ?

  • « Je ne suis pas créatif comme toi… »

    Complété de « Ce n’est pas inné chez moi ».

    Je suis toujours peinée d’entendre cette phrase-là s’envoler de la bouche de personnes de mon entourage, et s’écraser au sol, alourdie de culpabilité et de regrets.

    Tout le monde est créatif. Comment être au monde sinon…

    Je me suis amusée à répertorier les actes créatifs qui ponctuent le quotidien ou des moments de la vie, l’air de rien, très naturellement :

    • Choisir tes tenues de la semaine : formes, couleurs, matières… Tu es un tableau vivant, qui évolue tous les jours.
    • De même avec tes poils : cheveux, barbes, moustaches… Couleurs, forme…
    • Modifier une recette de cuisine, même d’un seul ingrédient.
    • Solutionner un problème, petit ou grand.
    • Rédiger un message : mail, sms, carte postale, carte de vœux…
    • Prendre en photos tes proches, tes animaux, le lever du soleil…
    • Dénicher un objet de déco et penser son agencement dans ton intérieur.
    • Composer un bouquet de fleurs, choisir le vase idéal, le positionner dans ton intérieur.
    • Réorganiser tes bibliothèques, ton dressing ou aménager ta terrasse.
    • Penser ton futur potager ou le positionnement de tes massifs de fleurs.
    • Insulter un chauffard avec plus de 3 mots (si si).
    • Inventer une chanson ou une histoire pour tes enfants (ou pour ton chien mais ça je te le raconterai peut-être une autre fois).
    • Préparer une playlist sur Deezer ou Spotify pour une nuit inoubliable (qui, d’ailleurs, fera aussi appel à ta créativité).
    • Trouver le prénom de ton futur enfant.
    • Préparer tes vacances : lieux, parcours de visite…
    • Trouver le cadeau idéal pour ta moitié ou ta maman.
    • Préparer ta demande en mariage.

    Alors, t’es créatif ou t’es pas créatif ? CQFD.

    A person holding a postcard with the text 'LIFE IS YOUR CREATION.' in a stylish font, against a blurred background of green foliage.
    Photo de Prophsee Journals sur Unsplash

  • Je ne suis pas créative utile

    C’est le gros reproche que je me suis longtemps fait.

    Quand je faisais du scrapbooking tous les week-ends, je prenais du plaisir mais je n’en voyais pas la finalité.

    Quand je me suis mise au mixed-media en plus du scrapbooking, j’étais passionnée mais créer pour créer, quel intérêt ?

    Quand j’ai découvert le zentangle (scrolle en bas de l’article pour voir à quoi ça ressemble) et que je suis devenue accro au point de passer plus de 30h sur un même dessin, je me suis définitivement trouvée inutile.

    Et puis…

    A chaque déménagement je relis mes créations scrapbooking et je me rappelle des moments complètement oubliés.

    Dans le cadre d’un coaching au sens large, je devais réaliser une œuvre très personnelle. Donc j’ai sorti tout mon matos de peinture, pastels, encres… et j’y ai passé beaucoup de temps. Le résultat était affreux mais peu importe. Ce qui comptait c’était le cheminement intérieur. Je l’ai confiée à mon coach car je ne voulais pas voir cette croûte chez moi (c’était vraiment moche). Il l’a accrochée dans la salle d’attente pour au final qu’elle soit emportée par une autre coachée, troublée par ce que j’avais créé.

    Quant au zentangle…

    J’ai été libraire une partie de ma carrière et nous pouvions animer des ateliers ou faire des démos de notre passion tant que c’était en lien avec un art. J’ai donc pratiqué le zentangle devant les clients, un samedi après-midi. En toute simplicité, presque honteuse d’être aussi inutile et débutante. La semaine suivante, des clients sont venus me remercier. Chacun avait une épouse qui, ayant découvert la pratique du zentangle avec ma démo, s’y était aussitôt mise et, apparemment, c’était beaucoup plus calme à la maison. Je rigole à ce souvenir mais je ne sais pas si c’est réellement drôle.

    Mais ce que ça m’a enseigné c’est que l’art peut être utile autrement qu’en dénonçant ou en témoignant d’une époque. Chacun se l’approprie avec ses codes, ses valeurs, ses envies et ses besoins.

    Depuis, je dessine, photographie et écris en me demandant ce que j’ai envie de faire, ce qui me ferait du bien, ce que j’ai envie de partager ou d’inspirer.

    Et là, avec cet article, je souhaite juste inspirer un début de réflexion chez celles et ceux qui ont tendance aussi à se prendre trop la tête avec leur existence 🙂

    N’hésite pas à me faire part de tes propres réflexions à ce sujet !

    Quelques-uns de mes dessins zentangle ou façon zentangle (zentangle inspiring art)

  • Je ne suis pas angoissée sauf de la page blanche

    Et d’ailleurs j’ai du me faire violence pour commencer cet article.

    L’angoisse de la page blanche me poursuit tel un petit démon dans tous mes actes de création, même quand je crée un zentangle ou ici, lorsque j’ai très envie d’écrire.

    Pourtant, lorsque j’étais étudiante, j’étais très habile et rapide pour rédiger mes dissertations, même en langue étrangère. Alors pourquoi ai-je perdu cette facilité ? Je n’en sais rien. Mais par contre j’ai mis au point des stratégies pour qu’elle ne soit pas paralysante trop longtemps. En espérant qu’elles puissent t’inspirer si toi aussi tu en souffres.

    1- Je pose un cadre structurant, plus particulièrement au travail :

    • Je pose une deadline au projet final sur Notion ou Trello. Je la cale plusieurs jours avant celle qui m’est imposée par les collègues. Je me laisse une marge en cas d’urgences ou de névralgies intempestives.
    • Je divise le projet en tâches. Je note chaque tâche dans mon cahier to-do journalier (version papier) avec une date pour chacune. Ainsi j’avance par petits pas et c’est moins impressionnant et donc moins stressant. Ca m’ôte déjà la sensation d’étouffement. Je dois répondre à un grand nombre de demandes par mois, avec parfois une commande le lundi à 17H pour le mercredi à 10H donc je dois vraiment être hyper organisée et réactive. C’est ça d’avoir deux métiers 🙂

    2- Je mets en œuvre les techniques qui m’aident à trouver l’inspiration et le courage de me lancer :

    • J’écris toutes mes idées en vrac dans mon cahier de brouillon papier. Toujours commencer par écrire à la main. C’est le meilleur conseil que je puisse te donner. Par exemple, j’ai commencé à travailler cet article sur mon carnet papier. Je ne l’aurais pas autant développé sans ce griffonnage préalable. Ma réflexion serait restée en surface car j’aurais tapé à toute allure cet article. Le cerveau va toujours au moins énergivore pour lui. L’écriture à la main demande de prendre du temps et active davantage de zones du cerveau que l’écriture tapuscrite. Il y a tout un tas d’études sur le sujet, je te laisse regarder. C’est passionnant.
    • Je demande à ChatGPT son avis sur la question, éventuellement à Mistral et Claude. Mais le temps que je perds avec ces trois-là m’agace de plus en plus. Je sais que mes prompts sont efficaces, là n’est pas le souci. Leurs réponses sont d’une banalité souvent affligeante. Des idées vues et revues, avec de temps à autre des idées sexistes ou âgistes. J’essaie de rebondir sur ce qu’ils me proposent, de tirer le fil de la pelote et de voir où ça me mène. Mais après avoir perdu quelques après-midis à les interroger, je suis devenue frileuse. Je m’en sers davantage en compagnons de correction de tournures malheureuses ou pour des termes techniques ou pour m’aider à la rédaction de conseils très techniques que je fais ensuite relire à des experts humains. Oui parce que je ne lui fais absolument pas confiance. Mais ça c’est un autre sujet.
    • Je recherche des photos pour créer un mood board, ou pour raconter leur histoire, en lien avec le sujet initial à traiter bien sûr. Un journaliste m’avait fait remarquer que j’écrivais pour raconter des photographies et que je ne cherchais pas de clichés pour illustrer mon propos. Je travaille à l’envers. C’est mon fonctionnement donc c’est OK. J’en tire profit.
    • Quand je le peux et que je suis vraiment bloquée, je travaille un autre contenu, plus facile pour moi, plus rapide à traiter. Ca me redonne confiance et je peux ensuite enchaîner avec le sujet que je ne parviens pas à démarrer.
    • Je discute avec ma binôme de façon informelle, de bureau à bureau. Comme elle est ultra créative, elle va toujours me dire quelque chose sur lequel je rebondirai.
    • Il m’arrive aussi de me demander ce qu’écrirait telle ou telle personne inspirante pour moi. C’est un peu plus alambiqué mais ça peut fonctionner.
    • Et puis quand je suis en télétravail et que vraiment ça ne va pas, je descends ma chienne dans le square de notre résidence 10 min, le temps d’une pause. Je prends l’air, je pense à autre chose. Je me dispute avec ma chienne (c’est un basset hound, un jour je t’en parlerai), je me prends une averse sur la tronche, je regarde ma boite aux lettres et découvre le colis d’une de mes maisons d’éditions préférées et puis je me réinstalle derrière mon bureau avec les idées plus fraîches…

    3- Je fais le bilan lorsque le projet est rendu.

    Je ne le fais pas avec tous. Quand vraiment j’ai calé, que je me suis sentie un peu plus nulle et inutile qu’habituellement, je prends le temps de noter que ce que j’ai rendu a satisfait l’équipe concernée par la demande, que je l’ai fait dans les temps, que tout va bien et que tout ira toujours aussi bien de toute façon. Que je suis la seule à douter de moi (enfin je crois).

    Et comme je dois aussi composer avec le syndrome de l’imposteur, je suis en train de me dire que mes conseils sont nuls et que je devrais effacer cet article. Je vais essayer de tenir bon et de le publier.

    Dis-moi comment tu gères ton angoisse de la page blanche, à quel point elle t’invalide dans ton travail et ce que tu fais pour la contrer. Donnons-nous des idées ! Je suis certaine que ce sera très aidant.

    Photo de Kelly Sikkema sur Unsplash