Étiquette : management de la créativité

  • Je ne sais pas où vont mes idées quand je pédale…

    … mais je me sens de nouveau créative depuis que :

    1/ j’ai repris le sport.

    J’ai enfin pu reprendre le fitness il y a un mois. Avant, je commençais mes journées par une séance de fitness + marche, 5 jours par semaine. Et puis la vie, le vaccin, la péri… Mais mon corps et mon cerveau étaient en manque. J’ai pris sur moi et j’ai bien fait. Je revis !

    Je vais à la salle 3 à 4 fois par semaine. Je fais du cardio et de la musculation. Je n’arrive pas à créer pendant que je fais de l’exercice. J’ai tenté mais mes idées s’envolent. Elles sont inconsistantes. Je ne me souviens de rien.

    Par contre, une fois devant mon PC ou mon carnet de dessin, les idées fusent. Je suis plus concentrée et plus endurante, je mémorise mieux et j’ai davantage confiance en moi. Ce n’est que le début, je suis curieuse de voir jusqu’où je vais retrouver et même développer mes capacités créatives.

    2/ je n’ouvre plus chatGPT et consorts

    Ou quasiment plus. Mais étant donné la qualité de leurs réponses, je renonce à m’en servir de façon quasi systématique depuis quelques temps. Je retrouve mes réflexes créatifs ainsi que ma plume.

    3/ j’écris sur ce blog

    Parce que pour être créatif, il est nécessaire de créer. Ca n’appelle pas de développement.

    4/ je prends des compléments alimentaires

    J’alterne entre vitamines, plantes, magnésium, oméga 3… Ce n’est pas donné mais l’argent investi n’est pas perdu, bien au contraire. Je ressens une réelle différence et mes prises de sang ne montrent que de bons résultats. J’achète sur le site herbolitisque.com pour être certaine de la qualité des produits.

    5/ je sors me promener ou juste prendre l’air, plus souvent

    Le processus créatif et le vivant n’existent pas l’un sans l’autre. Nous nous nourrissons de lumière naturelle, de couleurs, de paysages, d’interactions sociales, d’observations, de discussions, des arts de la rue…

    Tout ceci s’ajoute à ce que je fais déjà depuis que je suis née ou presque : dessiner, lire, arpenter les expos et les musées, admirer les paysages, écouter les conversations des gens…

    Rester créatif avec la montée en âge c’est lutter contre la fatigue, la routine, les injonctions, les demandes sans fin au travail, les proches envahissants, les bobos qui se cumulent…Ce n’est pas simple, ce n’est jamais gagné et c’est donc un challenge permanent. Et comme toujours, c’est une question d’effort personnel et de rigueur. Mais qu’est-ce que c’est satisfaisant au final 😉

  • Je n’aime pas ChatGPT, il me rend débile.

    Mais je bosse avec parce qu’il faut savoir aussi faire preuve d’agilité. J’ai donc pris de bonnes résolutions.

    Je dois d’abord te préciser le contexte de ma réflexion.

    Dans un précédent article, j’énumère tout ce qui m’insupporte avec ChatGPT, Claude, Mistral, etc. J’ai l’impression de perdre du temps à les corriger, vérifier la véracité des chiffres donnés, à remettre les arguments dans l’ordre, à corriger les erreurs de syntaxe… D’être finalement son secrétaire de rédaction. Un comble.

    Mais, au-delà de ça, j’ai aussi l’impression d’avoir diminué mes facultés cognitives depuis que j’utilise les IA.

    Avant je trouvais rapidement des idées pour mes contenus professionnels et, une fois la paralysie liée à la page blanche surmontée, je pouvais écrire beaucoup et bien. Mon cerveau envoyait des paquets d’idées et je ne rédigeais pas assez vite, ce qui d’ailleurs est assez frustrant.

    Quand les IA sont devenues plus performantes, il y a peu donc, j’ai pris l’habitude de les interroger au lieu de brainstormer, d’écrire des premiers jets, de griffonner des templates de visuels sur mon cahier de brouillon. Pour aller plus vite, pas par manque de compétences. J’avais réellement beaucoup plus de productions écrites à sortir, sans temps de réflexion possible. Je me suis dit que l’IA serait mon compagnon d’écriture le temps que la hausse de travail se résorbe et ensuite je reprendrai mes bonnes habitudes. La situation a duré des mois et des mois… Le souci c’est que j’ai l’impression de ne plus avoir de capacités créatives. Mon cerveau est comme vide.

    Quand je t’écris là, tout va bien. Quand je rédige un mail, un petit mot, une liste de choses à faire, des idées pour le blog… tout est simple, fluide. Comme ça l’a toujours été. Mais au boulot, mon cerveau est vide. A part pour les formations très techniques et pour les sujets très engagés, plus « citoyens ».

    Comme je n’aime pas subir ma vie, j’ai pris de bonnes résolutions. Si tu es dans la même situation j’espère qu’elles pourront aussi t’inspirer.

    Voici comment j’ai décidé de lutter contre la tyrannie de la facilité engendrée par l’utilisation délétère de l’IA et pour le retour de mes pleines capacités cognitives :

    1- Rédiger au brouillon un premier jet, le relire le lendemain, le retravailler. Si j’ai un doute sur la qualité, alors je demande à ChatGPT (enfin bientôt je devrai utiliser Gemini, et vogue la galère !). Mais, comme à peu près à chaque fois, je me dis que j’aurais mieux fait de ne rien lui demander. Si c’est un contenu très long, je rédige en détail toutes mes idées, impose des phrases, des expressions, je laisse des trous et il complète. Cependant, je corrige quasiment tout ce qui est proposé. Alors pourquoi ne pas tout rédiger moi-même ? Parce que si je prends le temps de faire du contenu long à 100%, je prendrai du retard pour le livrer, ainsi que toutes les demandes suivantes. Je trouve que c’est un bon compromis. Ce n’est pas la solution parfaite et j’ajusterai si nécessaire selon les résultats de mes premières bonnes résolutions.

    2- Résister à la tendance qui consiste à tout demander à l’IA : rédiger un mail, une note à son chef, un report… Ca reste du 100% moi. De toute façon j’ai testé : ce n’était pas assez précis et le niveau d’expertise était limite. Par ailleurs, je suis peinée quand un collègue que j’apprécie m’envoie un mail full IA. Je lui demande plutôt des tâches sans valeur ajoutée, comme calculer le nombre de jours entre telle et telle dates, trouver les marronniers du mois de façon exhaustive (et sans mentir haha !), traduire mon mail en anglais pour un prestataire étranger…

    3- Ecrire de façon (ré)créative en dehors du travail, ici et ailleurs. Je dois à tout prix conserver cette compétence sinon je perds mon travail. C’est aussi simple.

    4- Entretenir ma créativité. Je dessine, je fais de la photographie, j’essaie d’écrire des nouvelles (mais comme elles n’ont pas de fin, elles ont vocation à devenir des sagas en 20 tomes), je visite les expos & musées, j’admire les beaux paysages, j’invente des chansons pour mon chien…

    5- Retrouver confiance en moi, notamment par le sport que j’ai enfin pu reprendre il y a un petit mois. Le bonheur… La pratique sportive est un excellent moteur. Ne serait-ce que parce qu’on dort mieux et qu’on est de meilleure humeur. Et qu’on se goinfre moins de sucres et de gras. Bref. Fais du sport, c’est la vie.

    Est-ce que tu connais les mêmes soucis ? Est-ce que tu es aussi inquiet.e que moi par les conséquences d’une utilisation systématique de l’IA ?.

    Sculpture d'un crâne humain avec un cerveau exposé, présentant des annotations sur les fonctions cérébrales.
    Photo de David Matos sur Unsplash
  • Je ne cherche pas mon style

    Car je l’ai trouvé. Comment ? C’est la question qui m’a été posée il y a quelques semaines. Si la réponse me semble évidente car j’ai grandi dans un milieu plutôt artistique, je me rends compte que la notion de style peut sembler complexe et nébuleuse pour qui n’a pas vécu entouré de toiles et de mots.

    Alors… Comment trouver son style ? Mes articles n’ont pas toujours pas valeur scientifique donc je vais t’expliquer ce qui a fonctionné pour moi.

    Je dégaine la check-list par souci de confort de lecture mais en aucun cas la recherche de style n’est confortable :

    • Arpente toutes les expositions, peu importe le courant artistique, le medium, le type d’art… Regarde avec attention les œuvres, demande-toi celle que tu préfères et celle que tu n’aimes vraiment pas, qui te dérange ou qui te fait horreur. A chaque expo. Si tu es attiré par une peinture ou une sculpture… je te conseille de prendre en photo le nom de l’artiste pour pouvoir faire ensuite des recherches sur son travail, sur le web ou à la médiathèque. Comprendre sa démarche artistique t’apportera de la ressource pour élaborer la tienne.
    • Lis ou regarde des documentaires inspirants d’artistes avec le même objectif que le point précédent.
    • Lis tous les styles, tous les auteurs, tous les jours, ne serait-ce que 15 min le matin avant le petit-déjeuner. Ne te limite pas, sois sans préjugés, juste… lis. Souligne ou note dans un carnet des passages inspirants ou rien que des mots. Reviens dessus dans la journée.
    • Tous les jours, écris 10 min minimum dans un carnet, à la main (surtout). Peu importe que tes phrases soient belles ou bourrées de fautes, ce n’est pas le sujet. Libère-toi et note toutes tes émotions, tes idées noires ou fofolles, tes coups de gueule ou, au contraire, sois dans la gratitude. Laisse ton stylo former les mots. Laisse-toi aller. 10 min TOUS les jours.
    • Pratique ton art de façon régulière et le plus souvent possible. Teste, fais des erreurs, corrige-les, retente, corrige, retente… Jusqu’à que tu sois satisfait de toi sans être dans de l’autosatisfaction facile. Etre un bon critique envers son travail ce n’est pas se féliciter à chaque créa ou, au contraire, tout jeter systématiquement à la poubelle.
    • Ne montre pas ton art à tes proches. Tu le feras quand tu te seras trouvé et que tu auras gagné confiance en toi. Pourquoi ? Parce que soit ils vont te faire tout un tas de compliments sur la qualité de ton travail, soit ils vont te décourager car ils exprimeront leurs propres freins, frustrations, craintes… Dans les deux cas, leurs mots ne parleront pas de ton art mais d’eux ou de votre relation.
    • Accepte que ça prenne du temps de se trouver. Ce n’est pas juste une question de trouver son style. Ca va au-delà de la considération artistique. Il s’agit de trouver un bout de soi et pour beaucoup de personnes, c’est un long chemin et c’est normal. Si tu veux aller plus vite, donne-tout. Consacre tout ton temps libre à ta pratique, à la lecture, à l’écriture et à la découverte d’autres artistes.
    • Ce qui me mène au dernier point : Proust, Seurat ou Colette n’avaient pas de téléphone portable et encore moins Netflix. Être interrompu par les notifications, répondre aussitôt aux messages reçus, vérifier l’actu et les top trends toutes les dix minutes, c’est ruiner ta concentration. Un travail de fond a besoin de deux heures de concentration non-stop minimum. Sans regarder ton téléphone. Il est nécessaire de lâcher-prise avec ton quotidien et de te laisser engloutir, être dévoré par ton art. Sinon comment se trouver quand on interrompt systématiquement le cheminement de ses pensées ?

    Si tu as envie de partager ton expérience, tes propres conseils, l’espace commentaires est à toi !

    Premiers plans de mains recouvertes de peinture bleue et verte sur un fond flou.

    Photo de Amauri Mejía sur Unsplash

  • Je n’ai pas besoin de souffrir pour créer

    Ce week-end, j’ai demandé sur mon compte Insta si quelqu’un souhaitait que j’écrive un article sur un sujet en lien avec les thèmes abordés sur ce blog. J’ai reçu une excellente suggestion : les femmes & leur santé. Sujet vaste que je reprécise tout de suite :

    Les créatives et leur santé : la souffrance est-elle une condition sine qua non à la création ?

    Note préalable : je parle en connaissance de cause. Je relate seulement ce que j’ai vu de près, entendu et aussi parfois vécu directement, à titre personnel. Ce n’est donc pas du « on dit ».

    Combien de fois ai-je entendu : « Il ne souffre pas assez pour être un artiste. » ou « T’as vu son tableau ? Il est magnifique ! Quelle souffrance il doit vivre pour peindre avec tant de talent ! » Le souci d’évoluer, enfant, dans un milieu artistique, c’est qu’on grandit la tête pleine de clichés.

    Quand j’ai voulu développer ma fibre artistique notamment en m’exerçant aux techniques mixtes, j’avais beau avoir une mini-mini-mini reconnaissance sur le web, ne souffrant aucunement, je trouvais mon travail fade et enfantin. Pas assez élaboré. Trop conventionnel. Je m’exerçais durant des heures et des heures chaque week-end et après-midi non travaillée, je lisais beaucoup d’ouvrages importés des Etats-Unis, je regardais des tutos sur YouTube, je m’achetais le meilleur matériel, bref, je faisais mon maximum, j’avais des premiers résultats (j’ai même vendu des tableaux pour la première fois et failli être publiée dans un magazine) mais non… Je ne cessais de me trouver fadasse, tiède, sans saveur…. car je ne souffrais point. J’étais en relative bonne santé et EQUILIBREE.

    A tel point qu’un soir, j’ai picolé du vin rouge jusqu’à m’énivrer, pour être plus créative, m’enlever des barrières. Bien évidemment, impossible de me concentrer et de rester assise plus de 20 min devant ma toile. Je suis allée rejoindre Morphée fissa.

    Quelques temps plus tard, je lus avec la plus grand attention, en mode bonne-élève-première-de-la-classe l’essai de développement personnel Miracle Morning de Hal Elrod. Ainsi chaque matin, je me levais aux alentours de 5H30, je partais marcher quelques kilomètres ou je faisais du fitness, je méditais, je lisais, j’énonçais mes affirmations et… je créais si je ne prenais pas le travail avant 9H.

    Ma pratique artistique s’est transformée. J’étais plus concentrée, plus rapide dans mes choix créatifs, plus sûre de moi. Mes traits étaient plus clairs, mieux tracés. Je fourmillais d’idées et c’est là que j’ai notamment créé la communauté littéraire Lu et adoré sur Instagram ainsi que d’autres projets autour du livre, de la photographie et aussi professionnels.

    Zéro alcool, zéro angoisse existentielle, une meilleure santé et des projets nouveaux plein la tête et d’ailleurs j’ai tout plaqué. Mais ça c’est une autre histoire.

    D’ailleurs, es-tu conscient.e de tous les clichés alimentés par la société concernant les artistes et leur santé ?

    Par souci de véracité, je vais partager ici les phrases que j’ai entendue dans mon enfance, dans ma carrière de libraire et de communicante, maintenant ou avant pour brouiller les pistes. Ce n’est pas une liste exhaustive, le temps faisant son oeuvre :

    • Attention, il a beaucoup de succès ce sculpteur. Il est devenu irascible et même méchant. A force de s’enfermer pour travailler ses sculptures, il a tourné du ciboulot.
    • C’est normal qu’elle soit folle, c’est une artiste !
    • Ha mais c’est un grand professeur de peinture, il n’a pas le temps d’aller voir le médecin. Il finira par mourir d’attaque ou de cancer comme les autres.
    • Il a aussi un cancer, ça y est . On va tous (asso d’artistes) y passer ! On pense trop, on a trop d’émotions.
    • Il marche pieds nus tous les jours, même quand il neige. C’est normal, c’est un artiste !
    • A force d’écrire des thrillers très sombres, il a fini par devenir un peu fou. On ne sait pas s’il va pouvoir continuer à être édité.
    • Je crois qu’ils prennent de la cocaïne en salle de réu le matin – Normal, ça les aide à trouver des idées.
    • Quand vous serez en poste, il vous faudra prendre de l’ecsta ou de la cocaïne pour vous aider.
    • Il va être nul son roman, il est juste prof de français au lycée. Ce n’est pas un artiste.
    • Comme j’ai une extraversion sexuelle [je ne sais plus le nom exact du souci de santé mentale diagnostiqué], je vais écrire un roman mais plus qu’érotique. Je vous le ferai lire, vous serez ma correctrice (ma carrière de libraire a heureusement pris fin avant)
    • Il écrit très très bien mais c’est normal il est un peu fou (à propos d’un THPI pas fou du tout)

    Et puis sinon, tout simplement, l’expression « avoir une idée complètement folle » pour dire « avoir une idée très novatrice » ou juste « très créative ».

    Associer l’action et la performance créative à la santé mentale et le manque de soins à la tête dans les nuages est plus que banalisé. Si tu écoutes avec attention ce que les personnes autour de toi racontent sur les artistes, tu prendras vite conscience qu’ils font souvent des associations malheureuses.

    Et quand on veut appartenir à une communauté, il faut se conformer à l’image qu’elle en dégage. Tant pis pour les conséquences.

    Sois un artiste, souffre !

    Alors que…

    Si on y regarde de plus près…

    Les femmes artistes/créatrices, peu importe leur secteur d’activité, subissent souvent comme les autres une charge mentale, génératrice de stress et donc de problèmes cardio-vasculaires, cardiaques, hormonaux… Elles gèrent leur vie pro et perso de la même façon que des non artistes/créatrices. Mais le souci qu’elles ont en plus, c’est que ce sont des femmes… Et que docteurs et même docteresses (je l’ai vécu 4 fois) ont tendance à ne pas nous prendre au sérieux quand on parle de pression dans la poitrine, de jambes gonflées et lourdes ou d’hémorragies tous les 15 jours. Il faut en écumer des médecins avant de trouver celui qui prendra le temps de chercher la cause et de la soigner. Créative = un peu (beaucoup) émotives… hystériques ? C’est psychosomatique ! Pourquoi perdre du temps à nous soigner puisque ce sont juste nos émotions à fleur de peau qui font réagir notre corps (c’est aussi du vécu, manque de bol j’avais vraiment des soucis de santé vérifiables par scanner et échographie).

    Côté homme : alcoolisme, pression, performance… Ce sont d’autres problèmes, plus Mâles, plus coqs… Mais par contre ces messieurs ont plus de chance. Ce sont des artistes donc des intellectuels. Un peu fou ou intro/extravertis. C’est normal ! Il faut prendre soin d’eux.

    Pas facile la vie d’artiste…

    Tout ça pour te dire, Madame qui passe par là, prends soin de toi. Tu ne seras pas moins créative :

    • parce que tu consulteras un thérapeute pour t’aider dans ta dépression,
    • parce qu’avec une opération ou des anti-douleurs tu souffriras moins de ta blessure que Frida Kahlo de sa jambe,
    • parce que tu seras plus sobre ou moins stone,
    • parce que tu dormiras 7 heures d’affilée chaque nuit au lieu de chercher l’inspiration dans l’infinie pénombre,
    • parce que tu consacreras 5 heures au sport dans ta semaine.

    Prendre du temps pour ta santé et ton bien-être permet justement de gagner du temps dans ta pratique. Le temps est un matériau créatif quelque part.

    Une santé physique entretenue avec soin permet de rester concentrée, d’être plus réactive, de mieux mémoriser, d’avoir un geste plus précis, de travailler son art plus longtemps et avec plus de régularité.

    Une santé mentale soignée permet la même chose mais aussi de mener à bien ses projets créatifs, jusqu’au bout, en évitant les up and down chronophages, de détecter les personnes malhonnêtes dans le milieu (et il y en a quand même pas mal) et de pouvoir leur dire non avec assurance, de décrocher de nouveaux partenariats car tu sembles plus digne de confiance…

    Bref, de s’épanouir et d’exister au monde.

    Et puis sinon, si vraiment la déchéance personnelle était un gage de qualité artistique, pourquoi l’art thérapie existerait-il et serait-il aussi bénéfique ? Serait-ce alors à dire qu’aucun artiste ne gravite dans le monde de l’art thérapie ?

    Alors les vieux clichés du début 20e siècle… à la poubelle !

    Une main tenant une fleur blanche ornée de peinture colorée, avec des taches de peinture sur la peau.
    Photo de Halanna Halila sur Unsplash
  • Plaire ou se plaire – Dilemme

    Hier, je t’ai parlé de mes créations “moches exprès” et de la surprise que cela m’a réservée : elles plaisent plus que celles pour lesquelles je m’applique à faire beau.
    En repensant à cette histoire, une question m’est venue à l’esprit.
    Un vrai dilemme créatif.

    Si ce que tu crées en visant le “beau” ne plaît pas, mais que ce que tu crées en assumant le “moche” séduit, que choisis-tu ?
    Continuer à créer pour te plaire à toi OU créer pour plaire aux autres ?

    Tu choisis quoi ? Plaire ou te plaire ?

    Perso, lorsque j’écris pour le boulot, je ne peux qu’écrire pour plaire aux prospects et en même temps aux collègues qui vont valider mes wordings.

    Mais lorsque je crée des dessins inspirés du zentangle, que je photographie des paysages postés ensuite sur Insta ou que j’écris ici, je me perds entre les deux. Pourtant j’ai un objectif clair. Mais le moyen pour l’atteindre l’est moins.

    Et ce qui m’a le plus plongé dans la confusion c’est lorsque j’ai créé sur commande. Je ne sais pas si je le referai un jour. Ce n’est vraiment pas une position confortable. On me passait commande pour mon style mais au final, quand ce n’était pas exactement comme se l’imaginait le client, j’étais confuse et perdue. Bref.

    Dis-moi ce que tu en penses en commentaire !

    Un pot en verre rempli de pinceaux de peinture, avec un fond blanc.
    Photo de Debby Hudson sur Unsplash

  • Je ne suis pas angoissée sauf de la page blanche

    Et d’ailleurs j’ai du me faire violence pour commencer cet article.

    L’angoisse de la page blanche me poursuit tel un petit démon dans tous mes actes de création, même quand je crée un zentangle ou ici, lorsque j’ai très envie d’écrire.

    Pourtant, lorsque j’étais étudiante, j’étais très habile et rapide pour rédiger mes dissertations, même en langue étrangère. Alors pourquoi ai-je perdu cette facilité ? Je n’en sais rien. Mais par contre j’ai mis au point des stratégies pour qu’elle ne soit pas paralysante trop longtemps. En espérant qu’elles puissent t’inspirer si toi aussi tu en souffres.

    1- Je pose un cadre structurant, plus particulièrement au travail :

    • Je pose une deadline au projet final sur Notion ou Trello. Je la cale plusieurs jours avant celle qui m’est imposée par les collègues. Je me laisse une marge en cas d’urgences ou de névralgies intempestives.
    • Je divise le projet en tâches. Je note chaque tâche dans mon cahier to-do journalier (version papier) avec une date pour chacune. Ainsi j’avance par petits pas et c’est moins impressionnant et donc moins stressant. Ca m’ôte déjà la sensation d’étouffement. Je dois répondre à un grand nombre de demandes par mois, avec parfois une commande le lundi à 17H pour le mercredi à 10H donc je dois vraiment être hyper organisée et réactive. C’est ça d’avoir deux métiers 🙂

    2- Je mets en œuvre les techniques qui m’aident à trouver l’inspiration et le courage de me lancer :

    • J’écris toutes mes idées en vrac dans mon cahier de brouillon papier. Toujours commencer par écrire à la main. C’est le meilleur conseil que je puisse te donner. Par exemple, j’ai commencé à travailler cet article sur mon carnet papier. Je ne l’aurais pas autant développé sans ce griffonnage préalable. Ma réflexion serait restée en surface car j’aurais tapé à toute allure cet article. Le cerveau va toujours au moins énergivore pour lui. L’écriture à la main demande de prendre du temps et active davantage de zones du cerveau que l’écriture tapuscrite. Il y a tout un tas d’études sur le sujet, je te laisse regarder. C’est passionnant.
    • Je demande à ChatGPT son avis sur la question, éventuellement à Mistral et Claude. Mais le temps que je perds avec ces trois-là m’agace de plus en plus. Je sais que mes prompts sont efficaces, là n’est pas le souci. Leurs réponses sont d’une banalité souvent affligeante. Des idées vues et revues, avec de temps à autre des idées sexistes ou âgistes. J’essaie de rebondir sur ce qu’ils me proposent, de tirer le fil de la pelote et de voir où ça me mène. Mais après avoir perdu quelques après-midis à les interroger, je suis devenue frileuse. Je m’en sers davantage en compagnons de correction de tournures malheureuses ou pour des termes techniques ou pour m’aider à la rédaction de conseils très techniques que je fais ensuite relire à des experts humains. Oui parce que je ne lui fais absolument pas confiance. Mais ça c’est un autre sujet.
    • Je recherche des photos pour créer un mood board, ou pour raconter leur histoire, en lien avec le sujet initial à traiter bien sûr. Un journaliste m’avait fait remarquer que j’écrivais pour raconter des photographies et que je ne cherchais pas de clichés pour illustrer mon propos. Je travaille à l’envers. C’est mon fonctionnement donc c’est OK. J’en tire profit.
    • Quand je le peux et que je suis vraiment bloquée, je travaille un autre contenu, plus facile pour moi, plus rapide à traiter. Ca me redonne confiance et je peux ensuite enchaîner avec le sujet que je ne parviens pas à démarrer.
    • Je discute avec ma binôme de façon informelle, de bureau à bureau. Comme elle est ultra créative, elle va toujours me dire quelque chose sur lequel je rebondirai.
    • Il m’arrive aussi de me demander ce qu’écrirait telle ou telle personne inspirante pour moi. C’est un peu plus alambiqué mais ça peut fonctionner.
    • Et puis quand je suis en télétravail et que vraiment ça ne va pas, je descends ma chienne dans le square de notre résidence 10 min, le temps d’une pause. Je prends l’air, je pense à autre chose. Je me dispute avec ma chienne (c’est un basset hound, un jour je t’en parlerai), je me prends une averse sur la tronche, je regarde ma boite aux lettres et découvre le colis d’une de mes maisons d’éditions préférées et puis je me réinstalle derrière mon bureau avec les idées plus fraîches…

    3- Je fais le bilan lorsque le projet est rendu.

    Je ne le fais pas avec tous. Quand vraiment j’ai calé, que je me suis sentie un peu plus nulle et inutile qu’habituellement, je prends le temps de noter que ce que j’ai rendu a satisfait l’équipe concernée par la demande, que je l’ai fait dans les temps, que tout va bien et que tout ira toujours aussi bien de toute façon. Que je suis la seule à douter de moi (enfin je crois).

    Et comme je dois aussi composer avec le syndrome de l’imposteur, je suis en train de me dire que mes conseils sont nuls et que je devrais effacer cet article. Je vais essayer de tenir bon et de le publier.

    Dis-moi comment tu gères ton angoisse de la page blanche, à quel point elle t’invalide dans ton travail et ce que tu fais pour la contrer. Donnons-nous des idées ! Je suis certaine que ce sera très aidant.

    Photo de Kelly Sikkema sur Unsplash

  • Je ne suis pas créative

    Je ne suis pas créative quand :

    • je ne suis vraiment pas intéressée par le sujet
    • je dois enchaîner les demandes de créa pas sexy
    • je dois reformuler ce qui ne peut appeler aucune reformulation
    • je suis persuadée que ma collègue a déjà trouvé LA meilleure des idées
    • on ne me fait pas confiance
    • je m’ennuie
    • c’est la 12e fois que je travaille sur le même sujet qui a déjà foiré les 11 fois précédentes mais qu’il faut satisfaire le Big Boss
    • je suis entourée de dragons
    • je suis pliée en deux de douleur
    • j’ai dormi 12H en 4 nuits
    • je prends l’apéro en pleine semaine
    • je ne suis pas pleine de joie et émerveillée

    Je suis créative quand :

    • je travaille sur un nouveau projet, une nouvelle offre, une nouvelle expertise.
    • j’ai plus de 20 min pour penser l’axe créatif
    • j’ai plus d’une demi-journée pour rédiger 5 masters
    • on me donne carte blanche parce qu’on me fait confiance
    • quand je peux échanger de mes idées avec une oreille attentive et bienveillante
    • j’ai vu le lever du soleil et qu’il était magique
    • je reviens de vacances la tête pleine de paysages et de sable dans les chaussures
    • j’ai le temps de dessiner durant mes week-ends
    • je lis suffisamment
    • je prends le temps de lire des portraits de femmes inspirantes
    • je médite
    • je dors 7H par nuit
    • je marche au lever du soleil
    • quand j’ai au moins un projet personnel créatif en cours…

    …et c’est bien pour ça que j’ai débuté ce blog. La muse de l’inspiration a fait ses valises et s’est barrée un matin de pluie glaciale.

    Ce blog est un carnet d’inspiration. Il n’a pas vocation à prouver ou vendre quoi que ce soit. Pas de performance. Que du vrai.

    Si tu as perdu l’inspiration toi aussi, si tu aimes les jolies choses et contempler, si tu aimes les textes bruts sans filtre (ou presque), alors reste dans le coin.

    Photo de Eileen Pan sur Unsplash