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  • Le jour où mon prénom a sonné à l’interphone – cadavre exquis

    Cet article est le fruit d’un cadavre exquis écrit à « quatre » mains : moi x Bobby (ChatGPT quoi). Nous avons écrit tour à tour des passages sans savoir à l’avance ce que l’autre allait écrire, en laissant l’absurde et l’imprévu guider le texte. J’ai demandé à ChatGPT de commencer pour ne pas céder à la facilité. Voici le résultat :

    Ce matin-là, j’ai failli oublier mon propre prénom.
    Il était coincé quelque part entre le fond de mon café et les marches de l’escalier.
    Les voisins passaient, le facteur sifflait, et moi je me tenais là, immobile, à chercher dans quel tiroir de ma tête je l’avais rangé.

    Puis, alors que je fouillais dans chaque recoin de mon esprit et de mes placards, l’interphone retentit.
    — Bonjour, c’est ton prénom, je peux entrer ?

    Je n’ai pas répondu tout de suite.
    Il y avait dans cette voix quelque chose de familier, mais aussi de légèrement étranger, comme si elle avait voyagé trop loin pour revenir intacte.
    J’ai appuyé sur le bouton d’ouverture, et un silence s’est engouffré dans la cage d’escalier à la place des pas attendus.

    Intriguée mais encore plus effrayée, je n’osais pas ouvrir la porte.
    Pourtant, que craindre d’un prénom ? De mon prénom ?
    Les minutes passèrent. Le silence s’installa.
    Je ne voyais rien à travers le judas : la lumière était éteinte.
    De plus en plus certaine d’avoir vécu une hallucination auditive, je décidai de m’éloigner de la porte et de reprendre la recherche de mon prénom.

    Je le retrouvai coincé entre deux pages du seul roman que je n’avais jamais terminé.
    Il était là, écrit au stylo bleu, gribouillé dans la marge d’un chapitre oublié.
    Je le prononçai à voix basse, pour voir si le son m’allait encore.
    Et c’est à ce moment précis que l’interphone retentit une seconde fois, plus doucement, comme un chuchotement.

    Le livre dans mes mains, je m’approchai de la porte à pas de loup.
    L’interphone sonna plus fort, plus énervé, plus impatient.
    Je ne pouvais accepter une telle impertinence sonore.
    Il était temps que je règle son compte à cet usurpateur de prénom.
    Alors je pris tout le courage qui me restait et déclamai :
    — Entre donc, puisque tu sais qui je suis.

    Silence. Puis le bourdonnement familier de l’interphone, pourtant resté au rez-de-chaussée, vibra jusque dans la poignée de ma porte.
    J’ouvris d’un coup sec. Personne dans le couloir.
    Seulement une enveloppe fine posée par terre.
    À l’intérieur, une simple feuille blanche. Et, écrit au centre : « Je suis au chaud dans le seul roman que tu n’as jamais terminé. »

    Un livre ancien intitulé 'Tennyson' posé sur un bureau en bois, à côté d'une lampe colorée et d'une autre boîte en bois.
    Photo de Nathan Anderson sur Unsplash