• Le jour où mon prénom a sonné à l’interphone – cadavre exquis

    Cet article est le fruit d’un cadavre exquis écrit à « quatre » mains : moi x Bobby (ChatGPT quoi). Nous avons écrit tour à tour des passages sans savoir à l’avance ce que l’autre allait écrire, en laissant l’absurde et l’imprévu guider le texte. J’ai demandé à ChatGPT de commencer pour ne pas céder à la facilité. Voici le résultat :

    Ce matin-là, j’ai failli oublier mon propre prénom.
    Il était coincé quelque part entre le fond de mon café et les marches de l’escalier.
    Les voisins passaient, le facteur sifflait, et moi je me tenais là, immobile, à chercher dans quel tiroir de ma tête je l’avais rangé.

    Puis, alors que je fouillais dans chaque recoin de mon esprit et de mes placards, l’interphone retentit.
    — Bonjour, c’est ton prénom, je peux entrer ?

    Je n’ai pas répondu tout de suite.
    Il y avait dans cette voix quelque chose de familier, mais aussi de légèrement étranger, comme si elle avait voyagé trop loin pour revenir intacte.
    J’ai appuyé sur le bouton d’ouverture, et un silence s’est engouffré dans la cage d’escalier à la place des pas attendus.

    Intriguée mais encore plus effrayée, je n’osais pas ouvrir la porte.
    Pourtant, que craindre d’un prénom ? De mon prénom ?
    Les minutes passèrent. Le silence s’installa.
    Je ne voyais rien à travers le judas : la lumière était éteinte.
    De plus en plus certaine d’avoir vécu une hallucination auditive, je décidai de m’éloigner de la porte et de reprendre la recherche de mon prénom.

    Je le retrouvai coincé entre deux pages du seul roman que je n’avais jamais terminé.
    Il était là, écrit au stylo bleu, gribouillé dans la marge d’un chapitre oublié.
    Je le prononçai à voix basse, pour voir si le son m’allait encore.
    Et c’est à ce moment précis que l’interphone retentit une seconde fois, plus doucement, comme un chuchotement.

    Le livre dans mes mains, je m’approchai de la porte à pas de loup.
    L’interphone sonna plus fort, plus énervé, plus impatient.
    Je ne pouvais accepter une telle impertinence sonore.
    Il était temps que je règle son compte à cet usurpateur de prénom.
    Alors je pris tout le courage qui me restait et déclamai :
    — Entre donc, puisque tu sais qui je suis.

    Silence. Puis le bourdonnement familier de l’interphone, pourtant resté au rez-de-chaussée, vibra jusque dans la poignée de ma porte.
    J’ouvris d’un coup sec. Personne dans le couloir.
    Seulement une enveloppe fine posée par terre.
    À l’intérieur, une simple feuille blanche. Et, écrit au centre : « Je suis au chaud dans le seul roman que tu n’as jamais terminé. »

    Un livre ancien intitulé 'Tennyson' posé sur un bureau en bois, à côté d'une lampe colorée et d'une autre boîte en bois.
    Photo de Nathan Anderson sur Unsplash

  • Je ne supporte pas les vérités en mousse

    Proposition quotidienne de rédaction
    Quel mot pensez-vous que trop de gens utilisent ?

    En vrai.

    Mais pourquoi les adultes s’expriment-ils comme des enfants de 6 ans ?

    Quand j’entends cette expression en réunion ou, pire, de la bouche de ma moitié, j’ai envie de m’exiler.
    Oui, c’est excessif mais je ne supporte guère les enfants de 6 ans.

    Tous ces gens pourraient dire « en réalité », « en fait », « en vérité », des expressions qui comptabilisent aussi deux mots. Ce n’est donc pas une histoire de langue fatiguée ou de minimalisme verbal.

    J’ai essayé de prononcer cette expression deux fois. Je me suis sentie vraiment misérable.

    Il y a des expressions qui glissent toutes seules, sans qu’on les voie venir. Des « genre », des « du coup », des « sans souci ». Elles passent, elles trépassent et pfiout ! Oubliées !
    Mais « en vrai », lui, il s’installe. Il trône. Il pose son sac, comme un ado de 24 ans revenu vivre chez ses parents après avoir raté la fac.

    Et personne ne le remet à sa place.
    Pire : tout le monde lui fait de la place.
    On l’intègre dans les slides, les mails pros, les échanges pseudo-intimes à la machine à café. Il est devenu un code social. Un mot de passe pour faire croire qu’on pense quelque chose de fondamental, alors qu’on va simplement dire :

    « En vrai, ce restau est pas mal » ou « En vrai, j’étais un peu saoul. » (Ça, je l’entends souvent au boulot (kikou les collègues !))

    C’est comme si les gens avaient besoin d’un sas de décompression pour exprimer une opinion basique. Un sas syntaxique. Deux mots mous pour emballer une idée tiède.

    Parce qu’en vrai, pourquoi revenir à l’époque où on disait dans la cour d’école :

    « En vrai on va dire que toi t’es la maîtresse et moi je suis le directeur et je vais t’envoyer sur la lune. » ? (oui ok cet exemple est bizarre)

    En vrai, c’est le doudou de la langue, le mot qui tient la main de la phrase quand elle a peur de traverser la rue. C’est mignon. C’est fragile. Et c’est profondément irritant.

    On dirait que tout le monde se donne la permission d’être un peu sincère… mais pas trop. Juste assez pour paraître humain, sans prendre le risque de vraiment l’être.
    Comme si on avait remplacé la vérité par une version beta, instable, testable, mais sans garantie.
    Une vérité en coton, lavable à 30°, compatible avec les réunions Google Meet et les discussions Tinder (mon Dieu ça aussi je ne comprends pas mais c’est un autre sujet).

    Et moi, dans ce théâtre du « presque vrai », j’ai envie de crier :
    « Soit tu parles, soit tu te tais, mais épargne-moi tes apartés de cour de récré. » Je suis trop quadra pour les demi-vérités livrées avec option smiley fait-maison. Je préfère une maladresse franche à une authenticité prémâchée.

    Tu veux me dire que tu t’es ennuyé à ce dîner ?
    Dis-le. Sans me faire croire que c’est une révélation cosmique.
    Tu veux me dire que tu n’aimes pas ma quiche ? Va droit au but. Je l’ai ratée, je le sais : mon four refuse de cuire convenablement le moindre plat.
    Tu veux me raconter un bout de toi ?
    Fais-le pour de vrai. Pas en vrai. Vraiment.

    Illustration d'une femme avec une expression de désaccord, sur fond violet, accompagnée du texte 'en vrai'.
  • « Je ne lis jamais de bouquin, moi j’écris »

    La première fois que j’ai entendu cette phrase, je suis restée pantoise. Je ne savais pas si cette dame plaisantait ou était sérieuse et donc réellement fière de balancer ça haut et fort.

    Et puis il y a eu ces autres fois. Notamment sur TikTok et Instagram.

    Et puis ces autrices qui m’envoient leur premier roman en service presse.

    Ce que d’ailleurs je n’accepte plus car c’est une épreuve pour moi de devoir faire un retour à la fois empathique, professionnel et 100% sincère. Du coup j’évite d’être trop sincère. Je modère mes propos. Mais c’est encore un autre sujet que je traiterai le jour où je serai plus en forme pour répondre aux commentaires qui ne manqueront pas de pleuvoir sous l’article.

    DONC que répondre à « moi j’adore écrire mais je ne lis jamais. D’ailleurs j’ai écrit mon premier roman« . Je ne pense pas que rester sidérée à chaque fois soit bon pour ma santé. Surtout quand la personne me parle avec un grand mépris ou m’écrit avec peu de considération. Je t’assure que ce n’est pas anecdotique, malheureusement.

    J’ai donc imaginé des réponses :

    « Vous écrivez sans lire ? Finalement c’est comme acheter du pain à un boulanger qui n’en connait pas la fabrication. »

    « Ca me rappelle les fois où ma mère essayait de peindre des paysages en pleine nature alors qu’elle avait oublié ses lunettes à la maison et qu’elle était myope et presbyte. »

    « Moi j’ai décidé de fabriquer de la bière maison pour la revendre. Par contre je n’en bois jamais. Je n’aime pas ça. Mon truc c’est de la fabriquer. »

    « J’ai écrit un scénario de série que j’ai envoyé à Netflix. J’aime tellement pas ça les séries, je n’en regarde absolument jamais. C’est pour ça que j’ai écrit la mienne. »

    « Vous me rappelez cette candidate qui postulait pour le poste de community manager alors qu’elle avait pour seule expérience son compte Instagram avec 112 abonnés. »

    « J’ai décidé de participer au prochain marathon de Paris. Comme je n’aime pas courir, j’attends le jour de la course pour m’y mettre. »

    Si tu en vois d’autres, vas-y. Je me régalerai à te lire !

    Une paire de lunettes posées sur une surface, avec un arrière-plan flou.
    Photo de Joshua Newton sur Unsplash
  • Je ne suis pas heureuse

    Proposition quotidienne de rédaction
    Listez les 30 choses qui vous rendent heureux.

    Je suis d’un naturel émerveillé. C’est encore mieux que d’être heureuse. Je suis tous les jours de ma vie au moins une fois en émerveillement.

    Voici la liste des 30 choses qui m’émerveillent :

    • Voir le soleil se lever depuis mon nouveau chez-moi, tous les matins
    • Promener mon basset hound alors que la nature s’éveille bruyamment
    • Regarder mon basset hound se roulait dans l’herbe avec le sourire (ma chienne sourit, peut-être t’en parlerai-je un jour)
    • Apercevoir lapins et biches depuis le train qui m’emmène au travail
    • Boire mon café bien chaud en regardant un ciel couvert de nuages énormes et aux formes incroyables, au bureau
    • Découvrir un commentaire chaleureux de clients sur Facebook ou Instagram
    • Découvrir les nouveaux visuels canons de ma binôme
    • Voir le soleil se coucher depuis le train qui me ramène chez moi le soir venu
    • Commencer un nouveau livre dans le train et faire « Wow ! » dès les 2 premières pages
    • Rentrer chez moi et me rappeler que j’ai un amoureux, un basset hound et 18 bibliothèques remplis à ras bord.
    • Découvrir le repas que mon conjoint a préparé pour le dîner au retour du travail
    • Découvrir des services presse dans la boîte aux lettres, surtout quand l’enveloppe indique Gallimard ou Didier jeunesse
    • Lire un album jeunesse (surtout ceux du catalogue Didier jeunesse)
    • Lire un nouveau manga aux dessins incroyables de finesse
    • Lire un premier roman écrit avec talent et intelligence
    • Visiter une église ou une cathédrale richement décorée
    • Visiter une ville avec un patrimoine médiéval préservé
    • Rentrer dans une librairie d’occasion avec des livres jusqu’au plafond
    • Tester un nouveau restaurant avec des saveurs nouvelles pour moi et fondre dès la première bouchée
    • Le dessert brioché avec de la glace à la fleur de lait de la Tripletta à côté de chez moi
    • Le panettone aux fruits confits de la boulangerie de ma résidence
    • Les musées anciens
    • Le musée d’Orsay
    • Les musées d’Histoire naturelle emplis d’animaux empaillés.
    • Les fermes pédagogiques surtout s’il y a des ânes
    • Ecouter un air d’opéra, d’autant plus si c’est à l’opéra et du Puccini
    • Prendre en photo les plus beaux paysages de France
    • Découvrir un paysage magique par le plus grand des hasards lors d’un trajet en voiture
    • M’endormir tous les soirs dans mon grand lit avec mon amoureux
    • Ouvrir les yeux chaque matin et me dire que j’ai une nouvelle journée d’émerveillement qui commence

    Merci la vie ❤

    Nuage en forme de cœur dans un ciel bleu.
    Photo de Oxana Melis sur Unsplash

  • Je ne reçois jamais de notifs sur mon téléphone

    Et pourtant je travaille dans le secteur du marketing digital et je suis créatrice de contenus sur mon temps perso.

    Je gère 5 comptes Instagram, beaucoup plus de pages Facebook, 2 comptes TikTok, 2 Pinterest, Threads, X, LinkedIn, Bluesky. J’ai aussi Discord et WhatsApp… et cet unique blog mais il y en a eu d’autres auparavant qui fonctionnaient bien. Le tout demande de l’attention et une certaine réactivité.

    Je ne reçois aucune notification. De toute façon je ne mets pas le son de mon téléphone. Soit je me rends compte qu’on m’appelle soit tant pis. Je rappelle.

    Comment, pourquoi, d’où… Je t’explique :

    • Déjà, je ne bosse pas dans le secteur du médical, personne n’est en danger de mort si je ne réponds pas. Je ne vais pas m’ajouter une charge qui n’a pas lieu d’être. Je tiens à ma santé mentale.
    • De toute façon, étant donné mes activités professionnelles et personnelles, j’ai des raisons de recevoir plusieurs notifs par minute en journée, moins la nuit. Je sais que je dois checker régulièrement, je n’ai pas besoin de me le rappeler. Je le fais quand j’ai envie de le faire. ENVIE. Pas quand j’ai le temps. Quand j’ai le temps, je lis, j’écris, je me promène si c’est sur mon temps libre, je bosse à fond sans interruption sur mon temps de travail.
    • Parce que oui, c’est impossible de mener un travail de fond de qualité et complet, en étant esclave des notifications, que ce soit sur smartphone ou sur PC. Proust n’écrirait pas à La Recherche du temps perdu en 2025. Les auteurs se plaignent souvent de cette modernité encombrante. Et ce n’est pas une histoire d’âge, d’entraînement, de capacités cognitives. Les sollicitations déconcentrent et lorsqu’elles sont répétitives, elles endommagent nos capacités de concentration et de mémorisation.

    Je t’invite à lire ou écouter l’essai de Carl Newport, Deep work. Il aborde ce sujet et milite pour un retour à la concentration profonde, qualitative et productive.

    Couverture du livre 'Deep Work' par Cal Newport, présentant des concepts liés à la concentration et à la productivité dans un monde de distractions, avec des éléments graphiques géométriques.

    Je t’encourage aussi à te demander ce qu’il se passerait si tu ne regardais tes notifs que 3 fois par jour (Après le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner par exemple). Est-ce que quelqu’un perdrait la vie ? Est-ce que tu raterais ton premier contrat à 1 million ? Est-ce que tu te sentirais plus léger et plus libre ?

  • « Je ne suis pas créatif comme toi… »

    Complété de « Ce n’est pas inné chez moi ».

    Je suis toujours peinée d’entendre cette phrase-là s’envoler de la bouche de personnes de mon entourage, et s’écraser au sol, alourdie de culpabilité et de regrets.

    Tout le monde est créatif. Comment être au monde sinon…

    Je me suis amusée à répertorier les actes créatifs qui ponctuent le quotidien ou des moments de la vie, l’air de rien, très naturellement :

    • Choisir tes tenues de la semaine : formes, couleurs, matières… Tu es un tableau vivant, qui évolue tous les jours.
    • De même avec tes poils : cheveux, barbes, moustaches… Couleurs, forme…
    • Modifier une recette de cuisine, même d’un seul ingrédient.
    • Solutionner un problème, petit ou grand.
    • Rédiger un message : mail, sms, carte postale, carte de vœux…
    • Prendre en photos tes proches, tes animaux, le lever du soleil…
    • Dénicher un objet de déco et penser son agencement dans ton intérieur.
    • Composer un bouquet de fleurs, choisir le vase idéal, le positionner dans ton intérieur.
    • Réorganiser tes bibliothèques, ton dressing ou aménager ta terrasse.
    • Penser ton futur potager ou le positionnement de tes massifs de fleurs.
    • Insulter un chauffard avec plus de 3 mots (si si).
    • Inventer une chanson ou une histoire pour tes enfants (ou pour ton chien mais ça je te le raconterai peut-être une autre fois).
    • Préparer une playlist sur Deezer ou Spotify pour une nuit inoubliable (qui, d’ailleurs, fera aussi appel à ta créativité).
    • Trouver le prénom de ton futur enfant.
    • Préparer tes vacances : lieux, parcours de visite…
    • Trouver le cadeau idéal pour ta moitié ou ta maman.
    • Préparer ta demande en mariage.

    Alors, t’es créatif ou t’es pas créatif ? CQFD.

    A person holding a postcard with the text 'LIFE IS YOUR CREATION.' in a stylish font, against a blurred background of green foliage.
    Photo de Prophsee Journals sur Unsplash

  • Je ne suis pas créative utile

    C’est le gros reproche que je me suis longtemps fait.

    Quand je faisais du scrapbooking tous les week-ends, je prenais du plaisir mais je n’en voyais pas la finalité.

    Quand je me suis mise au mixed-media en plus du scrapbooking, j’étais passionnée mais créer pour créer, quel intérêt ?

    Quand j’ai découvert le zentangle (scrolle en bas de l’article pour voir à quoi ça ressemble) et que je suis devenue accro au point de passer plus de 30h sur un même dessin, je me suis définitivement trouvée inutile.

    Et puis…

    A chaque déménagement je relis mes créations scrapbooking et je me rappelle des moments complètement oubliés.

    Dans le cadre d’un coaching au sens large, je devais réaliser une œuvre très personnelle. Donc j’ai sorti tout mon matos de peinture, pastels, encres… et j’y ai passé beaucoup de temps. Le résultat était affreux mais peu importe. Ce qui comptait c’était le cheminement intérieur. Je l’ai confiée à mon coach car je ne voulais pas voir cette croûte chez moi (c’était vraiment moche). Il l’a accrochée dans la salle d’attente pour au final qu’elle soit emportée par une autre coachée, troublée par ce que j’avais créé.

    Quant au zentangle…

    J’ai été libraire une partie de ma carrière et nous pouvions animer des ateliers ou faire des démos de notre passion tant que c’était en lien avec un art. J’ai donc pratiqué le zentangle devant les clients, un samedi après-midi. En toute simplicité, presque honteuse d’être aussi inutile et débutante. La semaine suivante, des clients sont venus me remercier. Chacun avait une épouse qui, ayant découvert la pratique du zentangle avec ma démo, s’y était aussitôt mise et, apparemment, c’était beaucoup plus calme à la maison. Je rigole à ce souvenir mais je ne sais pas si c’est réellement drôle.

    Mais ce que ça m’a enseigné c’est que l’art peut être utile autrement qu’en dénonçant ou en témoignant d’une époque. Chacun se l’approprie avec ses codes, ses valeurs, ses envies et ses besoins.

    Depuis, je dessine, photographie et écris en me demandant ce que j’ai envie de faire, ce qui me ferait du bien, ce que j’ai envie de partager ou d’inspirer.

    Et là, avec cet article, je souhaite juste inspirer un début de réflexion chez celles et ceux qui ont tendance aussi à se prendre trop la tête avec leur existence 🙂

    N’hésite pas à me faire part de tes propres réflexions à ce sujet !

    Quelques-uns de mes dessins zentangle ou façon zentangle (zentangle inspiring art)

  • Je ne suis pas angoissée sauf de la page blanche

    Et d’ailleurs j’ai du me faire violence pour commencer cet article.

    L’angoisse de la page blanche me poursuit tel un petit démon dans tous mes actes de création, même quand je crée un zentangle ou ici, lorsque j’ai très envie d’écrire.

    Pourtant, lorsque j’étais étudiante, j’étais très habile et rapide pour rédiger mes dissertations, même en langue étrangère. Alors pourquoi ai-je perdu cette facilité ? Je n’en sais rien. Mais par contre j’ai mis au point des stratégies pour qu’elle ne soit pas paralysante trop longtemps. En espérant qu’elles puissent t’inspirer si toi aussi tu en souffres.

    1- Je pose un cadre structurant, plus particulièrement au travail :

    • Je pose une deadline au projet final sur Notion ou Trello. Je la cale plusieurs jours avant celle qui m’est imposée par les collègues. Je me laisse une marge en cas d’urgences ou de névralgies intempestives.
    • Je divise le projet en tâches. Je note chaque tâche dans mon cahier to-do journalier (version papier) avec une date pour chacune. Ainsi j’avance par petits pas et c’est moins impressionnant et donc moins stressant. Ca m’ôte déjà la sensation d’étouffement. Je dois répondre à un grand nombre de demandes par mois, avec parfois une commande le lundi à 17H pour le mercredi à 10H donc je dois vraiment être hyper organisée et réactive. C’est ça d’avoir deux métiers 🙂

    2- Je mets en œuvre les techniques qui m’aident à trouver l’inspiration et le courage de me lancer :

    • J’écris toutes mes idées en vrac dans mon cahier de brouillon papier. Toujours commencer par écrire à la main. C’est le meilleur conseil que je puisse te donner. Par exemple, j’ai commencé à travailler cet article sur mon carnet papier. Je ne l’aurais pas autant développé sans ce griffonnage préalable. Ma réflexion serait restée en surface car j’aurais tapé à toute allure cet article. Le cerveau va toujours au moins énergivore pour lui. L’écriture à la main demande de prendre du temps et active davantage de zones du cerveau que l’écriture tapuscrite. Il y a tout un tas d’études sur le sujet, je te laisse regarder. C’est passionnant.
    • Je demande à ChatGPT son avis sur la question, éventuellement à Mistral et Claude. Mais le temps que je perds avec ces trois-là m’agace de plus en plus. Je sais que mes prompts sont efficaces, là n’est pas le souci. Leurs réponses sont d’une banalité souvent affligeante. Des idées vues et revues, avec de temps à autre des idées sexistes ou âgistes. J’essaie de rebondir sur ce qu’ils me proposent, de tirer le fil de la pelote et de voir où ça me mène. Mais après avoir perdu quelques après-midis à les interroger, je suis devenue frileuse. Je m’en sers davantage en compagnons de correction de tournures malheureuses ou pour des termes techniques ou pour m’aider à la rédaction de conseils très techniques que je fais ensuite relire à des experts humains. Oui parce que je ne lui fais absolument pas confiance. Mais ça c’est un autre sujet.
    • Je recherche des photos pour créer un mood board, ou pour raconter leur histoire, en lien avec le sujet initial à traiter bien sûr. Un journaliste m’avait fait remarquer que j’écrivais pour raconter des photographies et que je ne cherchais pas de clichés pour illustrer mon propos. Je travaille à l’envers. C’est mon fonctionnement donc c’est OK. J’en tire profit.
    • Quand je le peux et que je suis vraiment bloquée, je travaille un autre contenu, plus facile pour moi, plus rapide à traiter. Ca me redonne confiance et je peux ensuite enchaîner avec le sujet que je ne parviens pas à démarrer.
    • Je discute avec ma binôme de façon informelle, de bureau à bureau. Comme elle est ultra créative, elle va toujours me dire quelque chose sur lequel je rebondirai.
    • Il m’arrive aussi de me demander ce qu’écrirait telle ou telle personne inspirante pour moi. C’est un peu plus alambiqué mais ça peut fonctionner.
    • Et puis quand je suis en télétravail et que vraiment ça ne va pas, je descends ma chienne dans le square de notre résidence 10 min, le temps d’une pause. Je prends l’air, je pense à autre chose. Je me dispute avec ma chienne (c’est un basset hound, un jour je t’en parlerai), je me prends une averse sur la tronche, je regarde ma boite aux lettres et découvre le colis d’une de mes maisons d’éditions préférées et puis je me réinstalle derrière mon bureau avec les idées plus fraîches…

    3- Je fais le bilan lorsque le projet est rendu.

    Je ne le fais pas avec tous. Quand vraiment j’ai calé, que je me suis sentie un peu plus nulle et inutile qu’habituellement, je prends le temps de noter que ce que j’ai rendu a satisfait l’équipe concernée par la demande, que je l’ai fait dans les temps, que tout va bien et que tout ira toujours aussi bien de toute façon. Que je suis la seule à douter de moi (enfin je crois).

    Et comme je dois aussi composer avec le syndrome de l’imposteur, je suis en train de me dire que mes conseils sont nuls et que je devrais effacer cet article. Je vais essayer de tenir bon et de le publier.

    Dis-moi comment tu gères ton angoisse de la page blanche, à quel point elle t’invalide dans ton travail et ce que tu fais pour la contrer. Donnons-nous des idées ! Je suis certaine que ce sera très aidant.

    Photo de Kelly Sikkema sur Unsplash

  • Je ne sais pas dire « non » à Anaïs Nin

    Trouvailles au marché du livre sur la place Saint-Anne à Rennes.

  • Hirayasumi, mon manga bonbon

    Cover of the manga 'Hirayasuimi' by Keigo Shinzo featuring two children playing in front of a house with laundry hanging.
    Couverture de Hirayazumi by Keigo Shinzo, Le lézard noir

    Il a une couverture un peu enfantine ce manga. Avec un dessin qu’affectionnent les adultes, dans le genre aquarelle. Les personnages semblent être jeunes. Tu leur donnes combien ? Moi 13 et 19 ans.

    Le hic, c’est que lui a 29 ans et qu’elle est étudiante en première année à la fac.

    Dans leur tête ils sont jeunes. Lui est un ancien comédien reconverti en employé d’une attraction de pêche à la ligne. Elle, elle découvre le monde adulte, abrupt mais parfois satisfaisant.

    Ils vivent ensemble, dans la maison dont lui a hérité d’une vieille dame qui l’avait pris sous son aile. Le manga raconte leur quotidien à Tokyo, leurs joies et leurs peines. Leurs petits et grands tracas. Avec une certaine poésie et paix malgré l’orage qui survient de temps à autre.

    Des thèmes plutôt sombres peuvent être abordés mais toujours avec délicatesse. Je suis fascinée par l’atmosphère de ce manga. C’est un petit trésor ovniesque qui fait du bien.

    Plutôt pour les adultes, les ados peuvent le lire mais accompagnés pour la compréhension.