Je n’aime pas ChatGPT, il me rend débile.

Mais je bosse avec parce qu’il faut savoir aussi faire preuve d’agilité. J’ai donc pris de bonnes résolutions.

Je dois d’abord te préciser le contexte de ma réflexion.

Dans un précédent article, j’énumère tout ce qui m’insupporte avec ChatGPT, Claude, Mistral, etc. J’ai l’impression de perdre du temps à les corriger, vérifier la véracité des chiffres donnés, à remettre les arguments dans l’ordre, à corriger les erreurs de syntaxe… D’être finalement son secrétaire de rédaction. Un comble.

Mais, au-delà de ça, j’ai aussi l’impression d’avoir diminué mes facultés cognitives depuis que j’utilise les IA.

Avant je trouvais rapidement des idées pour mes contenus professionnels et, une fois la paralysie liée à la page blanche surmontée, je pouvais écrire beaucoup et bien. Mon cerveau envoyait des paquets d’idées et je ne rédigeais pas assez vite, ce qui d’ailleurs est assez frustrant.

Quand les IA sont devenues plus performantes, il y a peu donc, j’ai pris l’habitude de les interroger au lieu de brainstormer, d’écrire des premiers jets, de griffonner des templates de visuels sur mon cahier de brouillon. Pour aller plus vite, pas par manque de compétences. J’avais réellement beaucoup plus de productions écrites à sortir, sans temps de réflexion possible. Je me suis dit que l’IA serait mon compagnon d’écriture le temps que la hausse de travail se résorbe et ensuite je reprendrai mes bonnes habitudes. La situation a duré des mois et des mois… Le souci c’est que j’ai l’impression de ne plus avoir de capacités créatives. Mon cerveau est comme vide.

Quand je t’écris là, tout va bien. Quand je rédige un mail, un petit mot, une liste de choses à faire, des idées pour le blog… tout est simple, fluide. Comme ça l’a toujours été. Mais au boulot, mon cerveau est vide. A part pour les formations très techniques et pour les sujets très engagés, plus « citoyens ».

Comme je n’aime pas subir ma vie, j’ai pris de bonnes résolutions. Si tu es dans la même situation j’espère qu’elles pourront aussi t’inspirer.

Voici comment j’ai décidé de lutter contre la tyrannie de la facilité engendrée par l’utilisation délétère de l’IA et pour le retour de mes pleines capacités cognitives :

1- Rédiger au brouillon un premier jet, le relire le lendemain, le retravailler. Si j’ai un doute sur la qualité, alors je demande à ChatGPT (enfin bientôt je devrai utiliser Gemini, et vogue la galère !). Mais, comme à peu près à chaque fois, je me dis que j’aurais mieux fait de ne rien lui demander. Si c’est un contenu très long, je rédige en détail toutes mes idées, impose des phrases, des expressions, je laisse des trous et il complète. Cependant, je corrige quasiment tout ce qui est proposé. Alors pourquoi ne pas tout rédiger moi-même ? Parce que si je prends le temps de faire du contenu long à 100%, je prendrai du retard pour le livrer, ainsi que toutes les demandes suivantes. Je trouve que c’est un bon compromis. Ce n’est pas la solution parfaite et j’ajusterai si nécessaire selon les résultats de mes premières bonnes résolutions.

2- Résister à la tendance qui consiste à tout demander à l’IA : rédiger un mail, une note à son chef, un report… Ca reste du 100% moi. De toute façon j’ai testé : ce n’était pas assez précis et le niveau d’expertise était limite. Par ailleurs, je suis peinée quand un collègue que j’apprécie m’envoie un mail full IA. Je lui demande plutôt des tâches sans valeur ajoutée, comme calculer le nombre de jours entre telle et telle dates, trouver les marronniers du mois de façon exhaustive (et sans mentir haha !), traduire mon mail en anglais pour un prestataire étranger…

3- Ecrire de façon (ré)créative en dehors du travail, ici et ailleurs. Je dois à tout prix conserver cette compétence sinon je perds mon travail. C’est aussi simple.

4- Entretenir ma créativité. Je dessine, je fais de la photographie, j’essaie d’écrire des nouvelles (mais comme elles n’ont pas de fin, elles ont vocation à devenir des sagas en 20 tomes), je visite les expos & musées, j’admire les beaux paysages, j’invente des chansons pour mon chien…

5- Retrouver confiance en moi, notamment par le sport que j’ai enfin pu reprendre il y a un petit mois. Le bonheur… La pratique sportive est un excellent moteur. Ne serait-ce que parce qu’on dort mieux et qu’on est de meilleure humeur. Et qu’on se goinfre moins de sucres et de gras. Bref. Fais du sport, c’est la vie.

Est-ce que tu connais les mêmes soucis ? Est-ce que tu es aussi inquiet.e que moi par les conséquences d’une utilisation systématique de l’IA ?.

Sculpture d'un crâne humain avec un cerveau exposé, présentant des annotations sur les fonctions cérébrales.
Photo de David Matos sur Unsplash

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