Et d’ailleurs j’ai du me faire violence pour commencer cet article.
L’angoisse de la page blanche me poursuit tel un petit démon dans tous mes actes de création, même quand je crée un zentangle ou ici, lorsque j’ai très envie d’écrire.
Pourtant, lorsque j’étais étudiante, j’étais très habile et rapide pour rédiger mes dissertations, même en langue étrangère. Alors pourquoi ai-je perdu cette facilité ? Je n’en sais rien. Mais par contre j’ai mis au point des stratégies pour qu’elle ne soit pas paralysante trop longtemps. En espérant qu’elles puissent t’inspirer si toi aussi tu en souffres.
1- Je pose un cadre structurant, plus particulièrement au travail :
- Je pose une deadline au projet final sur Notion ou Trello. Je la cale plusieurs jours avant celle qui m’est imposée par les collègues. Je me laisse une marge en cas d’urgences ou de névralgies intempestives.
- Je divise le projet en tâches. Je note chaque tâche dans mon cahier to-do journalier (version papier) avec une date pour chacune. Ainsi j’avance par petits pas et c’est moins impressionnant et donc moins stressant. Ca m’ôte déjà la sensation d’étouffement. Je dois répondre à un grand nombre de demandes par mois, avec parfois une commande le lundi à 17H pour le mercredi à 10H donc je dois vraiment être hyper organisée et réactive. C’est ça d’avoir deux métiers 🙂
2- Je mets en œuvre les techniques qui m’aident à trouver l’inspiration et le courage de me lancer :
- J’écris toutes mes idées en vrac dans mon cahier de brouillon papier. Toujours commencer par écrire à la main. C’est le meilleur conseil que je puisse te donner. Par exemple, j’ai commencé à travailler cet article sur mon carnet papier. Je ne l’aurais pas autant développé sans ce griffonnage préalable. Ma réflexion serait restée en surface car j’aurais tapé à toute allure cet article. Le cerveau va toujours au moins énergivore pour lui. L’écriture à la main demande de prendre du temps et active davantage de zones du cerveau que l’écriture tapuscrite. Il y a tout un tas d’études sur le sujet, je te laisse regarder. C’est passionnant.
- Je demande à ChatGPT son avis sur la question, éventuellement à Mistral et Claude. Mais le temps que je perds avec ces trois-là m’agace de plus en plus. Je sais que mes prompts sont efficaces, là n’est pas le souci. Leurs réponses sont d’une banalité souvent affligeante. Des idées vues et revues, avec de temps à autre des idées sexistes ou âgistes. J’essaie de rebondir sur ce qu’ils me proposent, de tirer le fil de la pelote et de voir où ça me mène. Mais après avoir perdu quelques après-midis à les interroger, je suis devenue frileuse. Je m’en sers davantage en compagnons de correction de tournures malheureuses ou pour des termes techniques ou pour m’aider à la rédaction de conseils très techniques que je fais ensuite relire à des experts humains. Oui parce que je ne lui fais absolument pas confiance. Mais ça c’est un autre sujet.
- Je recherche des photos pour créer un mood board, ou pour raconter leur histoire, en lien avec le sujet initial à traiter bien sûr. Un journaliste m’avait fait remarquer que j’écrivais pour raconter des photographies et que je ne cherchais pas de clichés pour illustrer mon propos. Je travaille à l’envers. C’est mon fonctionnement donc c’est OK. J’en tire profit.
- Quand je le peux et que je suis vraiment bloquée, je travaille un autre contenu, plus facile pour moi, plus rapide à traiter. Ca me redonne confiance et je peux ensuite enchaîner avec le sujet que je ne parviens pas à démarrer.
- Je discute avec ma binôme de façon informelle, de bureau à bureau. Comme elle est ultra créative, elle va toujours me dire quelque chose sur lequel je rebondirai.
- Il m’arrive aussi de me demander ce qu’écrirait telle ou telle personne inspirante pour moi. C’est un peu plus alambiqué mais ça peut fonctionner.
- Et puis quand je suis en télétravail et que vraiment ça ne va pas, je descends ma chienne dans le square de notre résidence 10 min, le temps d’une pause. Je prends l’air, je pense à autre chose. Je me dispute avec ma chienne (c’est un basset hound, un jour je t’en parlerai), je me prends une averse sur la tronche, je regarde ma boite aux lettres et découvre le colis d’une de mes maisons d’éditions préférées et puis je me réinstalle derrière mon bureau avec les idées plus fraîches…
3- Je fais le bilan lorsque le projet est rendu.
Je ne le fais pas avec tous. Quand vraiment j’ai calé, que je me suis sentie un peu plus nulle et inutile qu’habituellement, je prends le temps de noter que ce que j’ai rendu a satisfait l’équipe concernée par la demande, que je l’ai fait dans les temps, que tout va bien et que tout ira toujours aussi bien de toute façon. Que je suis la seule à douter de moi (enfin je crois).
Et comme je dois aussi composer avec le syndrome de l’imposteur, je suis en train de me dire que mes conseils sont nuls et que je devrais effacer cet article. Je vais essayer de tenir bon et de le publier.
Dis-moi comment tu gères ton angoisse de la page blanche, à quel point elle t’invalide dans ton travail et ce que tu fais pour la contrer. Donnons-nous des idées ! Je suis certaine que ce sera très aidant.

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